16 déc. 2006

A104, boucler d'abord

Comme indiqué par le cabinet du conseiller-maire dans sa réponse à notre lettre ouverte, je me suis reporté au numéro spécial, Lettre du maire n°9, et au bulletin municipal VAC de décembre pour m'apercevoir que les élus persistent dans l'espoir qu'un sursaut populaire mettra un mur imprenable entre les habitants des quartiers riverains de la nationale 184 (future A104) et la décision aveugle du ministre Perben. A preuve que l'on recherche un effet de masse, le seul fait énoncé dans la réponse du cabinet est la participation de 900 personnes à la réunion communale du 12 décembre. Or si d'évidence les manifs durant quinze ans n'ont rien donné, on peut s'étonner que l'on travaille à en faire de plus grandes !

Le numéro spécial n° 9 met sur la table tous les enjeux. Le dossier est bien fait sauf quelques incohérences excusables dues à la polémique.
Le motif de la A104 est clairement établi :
Une liaison de bonne qualité entre Cergy-Pontoise et les autoroutes A13 et A14, desservant la future plateforme multimodale d'Achères qui sera construite en même temps que s'ouvrira le grand canal Seine-Nord, et plus loin le débondage de l'usine de construction d'automobiles PSA de Poissy.
Très bien, ce n'est pas une autoroute pour rien ! On comprend mieux que la ville nouvelle y tienne beaucoup, que Peugeot l'attende et que la CCI Yvelines-Val d'Oise la soutienne dès lors que c'est un axe structurant.

Le tracé retenu par le ministère "bénéficie" du grand pont de Conflans et de la voirie existante. Qu'y redire ?
Qu'il accroît la pression du trafic sur les riverains publics et privés, mais c'est vouloir oublier que ce trafic est déjà très important et que la N184 est déjà un fleuve impétueux qui coupe la commune en deux ! Rien de bien neuf, sauf l'aggravation forte de la nuisance. Déporter le tracé ailleurs ne peut se faire au motif sous-entendu que les gens d'ailleurs sont moins sensibles aux nuisances, pour ne pas dire qu'après tout les cités populaires déjà tellement défavorisées, n'y verront pas grand chose de pire. Il faut une vraie solution au lieu d'un drop entre les bois du voisin.

Combien pense-t-on réunir de manifestants pour envoyer l'autoroute chez les autres ? Parce que cette autoroute a aussi son utilité que perçoivent très bien ceux qui roulent et n'habitent pas à côté. On ne va pas arguer de l'imbécillité du motif de construction de cette autoroute en période de chômage et délocalisations, encore moins partir sur l'utopie ferroviaire au même moment où tout nous prouve que ce service est à celui de ses agents cent fois plus qu'à celui de ses usagers ! Nos édiles ne l'utilisent d'ailleurs pas, ou alors portent-ils une cagoule !

Est-ce la culture de la revendication qui pousse dans le sens de toujours plus de manifestations ? Verra-t-on, comme nous le montre le modèle des services publics à la française, une prise d'otage des automobilistes et des camionneurs qui passent le pont de Conflans ? Tout est possible. A nul effet, hélas !

L'argumentaire le plus solide pour obtenir un tracé acceptable s'appuie sur le bouclage de la Francilienne. Evitons les mauvais arguments comme de passer de l'A104 à l'A86 par l'A13 saturé puisqu'on va nous répondre que le but n'est pas celui-là. Effectivement on ne construit pas des rings en zone urbanisée pour faciliter le saut de l'un à l'autre mais pour écouler du trafic tangentiel. Or ce bouclage percute, derrière la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, le parc naturel de la haute vallée de Chevreuse. Le débouché de l'A104 sur le territoire de la ville nouvelle et en conséquence son tracé amont, doivent être déterminés par les possibilités de franchissement obtenues en aval jusqu'au raccordement à l'échangeur A104-A10 de Janvry.
C'est dans cette optique que l'engagement suggéré du Conseil régional, présidé par le premier adjoint au maire de Conflans, à pousser à fond un examen de ce bouclage, pourrait lever les incertitudes et limiter l'aggravation des nuisances existantes. Voir le billet précédent, "Lettre ouverte à M. Esnol".

le grand pont
PS. L'itinéraire le plus logique était celui que le maire Pierre Cardo avait en son temps accepté par Chanteloup-les-Vignes ! Il pouvait être amélioré dans le passage du goulet d'Eragny pour un coût raisonnable. Les agitateurs de l'époque s'acharnèrent à tout bloquer, indistinctement, sans rien proposer en échange. On est toujours dans une stratégie de blocage stérile ! Autant que les recours judiciaires. Décidemment l'expérience est bien cette luciole en cage que l'on porte dans son dos !

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