10 déc. 2006

Le bronzing électoral


L'Institut de l'Entreprise chiffre le programme sarkozien à 40 milliards d'euros nets, ressources provoquées déduites. Le coût du projet socialiste qui sera ou ne sera pas appliqué par la présidente Royal, est du même ordre de grandeur, toujours net.

La dette qui pourrait devenir explosive si d'aventure la BCE devait remonter encore ses taux car son service stériliserait plus que l'impôt sur le revenu (IRPP) déjà englouti, est évoquée par tous les candidats sérieux pour être bottée en touche aussitôt car "le sujet est grave et mériterait à lui seul un débat complet." Next point ! La dette n'est que de 18936 euros par habitant ce midi ; ça fait moins peur que 1 194 834 000 000 euros plus 900 000 000 000 de retraites de la fonction publique ; total deux trillions. Deux trillions ça fait encore moins peur, qui sait combien vaut le trillion ?

On creuse donc sans vergogne le déficit pour aguicher le gogo inscrit sur les listes électorales, reportant aux calendes grecques l'extraction du cancer qui est en train de nous tuer de l'intérieur.

Nul n'imagine une seconde un candidat qui aurait un programme d'extinction de cette dette sur vingt-cinq ans par exemple, en refondant complètement notre modèle civilisationnel qui nous leste comme la pierre au cou du désespéré. Et pourtant il n'est pas dit qu'il ne soit pas pris au sérieux par une partie importante de l'électorat qui voit plus loin que le bout du joli nez de madame Royal.

A ceux qui indiquent fièrement que d'autres pays sont aussi endettés que nous monsieur Bouton, patron de la Société Générale, rétorque dans un débat récent :

"Aucun Etat occidental ne cumule un niveau de dette élevé avec un niveau de prélèvements obligatoires très élevé et des taux marginaux d'imposition records sur presque tous les impôts. Si nous n'étions pas « au taquet » sur les différents impôts, une solution pourrait être de les augmenter. Mais nous ne pouvons plus le faire. Nous sommes donc bien coincés et devons travailler sur nos dépenses et notre productivité. Il ne peut pas y avoir de fuite en avant dans l'augmentation des prélèvements obligatoires. "

Au-delà de cinquante pour cent les prélèvements publics tombent sous le coup des lois encadrant le proxénétisme. Nous sommes à la limite du boxon. C'et sans doute cette perception du désordre le plus total qui suscite partout des comportements insurrectionnels. La rue est à l'émeute après 10h.

Mais le plus grave est l'avachissement morale de la Nation : "Nos 25 années de déficits cumulés témoignent d'une volonté implicite de donner moins de chances à nos enfants" dit encore M. Bouton.

Au niveau de dette et de gabegie publiques que nous connaissons, nous pourrions surenchérir et dire que la lâcheté de la génération en train de passer stérilise toute possibilité d'améliorer leur sort aux générations suivantes qui vont affronter l'Entropie universelle. Car il ne s'agit finalement que de cela.

L'exploitation de la planète terre est au maximum ! Au bain moussant de la globalisation le monde a beaucoup étréci, et des peuples immenses ont décidé de ne plus être les couillons de la farce libérale en prenant leur part des marchés et celle des ressources énergétiques nécessaires pour y atteindre. L'exploitation étant maintenant à somme nulle, ce qu'arrache l'un manque à l'autre. L'accroissement du niveau de vie de l'un induit la contraction du niveau de vie de l'autre jusqu'à la rencontre d'un certain équilibre de satisfaction des civilisations concurrentes.
A moins d'un sursaut technologique d'envergure, l'Occident est voué à la contraction depuis qu'il exporte du travail, de la technique et de la richesse.

Ce qui veut bien dire que compter, comme on l'entend parfois sur les estrades politiques, qu'une meilleure croissance allègera le coût des programmes électoraux, est une esquive démagogique car désormais la croissance est ailleurs.
La croissance que nous constatons chez certains de nos voisins est trompeuse :
L'Espagne a jusqu'ici profité d'une explosion de sa construction immobilière, qui va se calmer ; l'Allemagne des exportations de machines-outils qui vont renvoyer d'ici quelque temps des produits concurrents des nôtres. Mais nous-mêmes, entre zéro et un et demi pour cent réels, nous vendons et le vin et la vigne quand nous acceptons un gros contrat AIRBUS, à assembler en Chine ! La précarité de notre balance commerciale laisse à nos clients la tentation de nous mettre à genoux. Nous n'avons pas d'autre choix que de subir pour garder encore des heures de travail.

C'est le résultat de 25 ans de gouvernements d'affichage, d'annonces, de dettes, de précarisation des projets politiques, et surtout d'incompétences. Quand le ministre des Finances relevait devant le président que les mesures approuvées en Conseil agravaient la Dette dans des proportions intenables, et qu'il s'entendait rétorquer "Mais vous n'allez pas, vous-aussi, nous emmerder avec ça !" il touchait du doigt l'amteurisme coupable de la maison Chirac, crispée sur le taux de contentement du peuple intoxiqué, à moins que ce ne soit le sonotone de Sa Satrapetrie qui déconnait.

La recherche scientifique est notre seule chance d'indépendance dans le monde qui vient. Il faudrait tout miser là-dessus. Nous en sommes assez loin dans chacun des programmes de gouvernement étalés sous nos yeux. Il n'y est question que d'acheter les votes de chaque catégorie sociale. C'est plus proche de la liste des courses à l'Intermarché que la mise en ordre de nos légitimes ambitions.
Où est l'intérêt général, où est l'héritage à transmettre ?

La démocratie, c'est l'envie (Proudhon).
Elle va crever d'envie.

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