12 déc. 2006

Lettre ouverte à M. Esnol

Monsieur le Conseiller général,

J'ai acheté ma maison à Conflans il y a seize ans.
On y parlait de trois menaces, l'extension des usines d'eau d'Achères, le passage du rail aérien de Roissy et la A104 d'Eragny-Chanteloup. Je me suis intéressé à la dernière car la seule susceptible de pérégrination dans l'espace, vu qu'elle n'était pas concrétisée.

Sur la carte Michelin il n'y avait que deux solutions évidentes pour un "néophyte": Soit de suivre le parcours de la ligne haute tension de Fromainville, soit le couloir de Maurecourt en perçant la pointe de l'Hautil pour déboucher entre Triel et Chanteloup.
J'ai usé mes semelles dans diverses manifestations mais j'ai compris assez vite que tous les maires des communes approuvaient le tracé passant chez le voisin de son voisin par rapport à lui. Les élus n'ont appliqué aucune concertation utile, mais ont formé un syndicat d'hypocrites, ameutant leurs électeurs pour leur faire accroire qu'ils s'agitaient au mieux de leurs intérêts quand autrement ils ne faisaient que pousser l'autoroute "ailleurs".
C'est la démonstration que la somme des intérêts particuliers ne précipite pas en intérêt général, parce qu'ils se combattent naturellement. On en arrive aujourd'hui à ce que le ministère parisien dirigé par un « lyonnais » décide d'emprunter la voirie existante, ce qui était prévisible.
Arbitrage en aveugle par lassitude ! Le pire est que le tronçon choisi débouche effectivement sur un goulet d’étranglement saturé, l'A13, qui va récupérer bientôt le trafic de l’A86.

Que faire désormais ?
Vos amis politiques ont été longtemps au gouvernement et n'ont jamais pu boucler ce dossier. "Les calculs à court terme qui ne savent que raisonner dans l'urgence afin de rentabiliser tout ce qui peut l'être le plus rapidement possible", dites-vous ? Appliquons-le au système lui-même qui tombe toujours dans ce travers du moment que l'on veut démocratiser des dossiers transversaux. Personne n'y retrouve ses petits et rejoint la cohue des mécontents.

Au-delà, convoquer au débat dans l'urgence l'Ecologie et le Transport de masse me semble plutôt destiné à marquer le livre d'or municipal d'une proclamation historique, puisque de la même manière que les gouvernements socialistes n'ont pas fait avancer ces dossiers quand ils avaient la main sur des comptes en débit, s'ils reviennent en 2007, les moyens d'investissements lourds pour le rail ou le canal s'avèreront absents des caisses publiques !

Il ne vous reste qu'un point d'appui : la région ! Et un seul levier, l'intelligence.

Plutôt que de chercher, comme vous semblez en avoir l'inclination, des failles dans la procédure - ce qui en soi est un réflexe bureaucratique stérile car les règlements s'interprètent ou s'amendent par décret au besoin - rassemblez les élus du secteur et convoquez le président de région pour lui demander de débloquer l'affaire par le haut. Comment ?

En prenant en charge rapidement l'épure du bouclage de la Francilienne de Cergy-Pontoise aux Ulis. Qu'il crée un petit groupe d'experts capables de pousser l'étude à bonne vitesse et y affecte les crédits temps correspondants.
Le but à atteindre est de sortir, sous la forme d'un cahier de doléances régional à destination de l'Etat central, le dessin complet d’un projet global intelligent de bouclage, et non pas seulement le franchissement de la Seine à Conflans, à Meulan ou aux Migneaux.
Que ce ne soit pas de sa compétence est secondaire, dès lors qu'un projet de qualité aura pu être largement diffusé. Défiez-vous aussi des concertations infinies, au motif précité de l'inadéquation naturelle des intérêts particuliers et général.

Ce projet doit quand même prendre en compte les intérêts industriels et leurs emplois, pas seulement la quiétude des dormeurs. L'emploi reste la principale angoisse de notre population. L'instrumentaliser est bénin si c'est pour la bonne cause.

Tout le reste c'est de l'agitation populaire qui, l'on s'en aperçoit un peu tard, n'a rien donné jusqu'ici, quels qu'aient été les gouvernements qui ont reçu nos protestations. Alors sortons de l'action revendicative, et passons aux choses positives. Le « débat public » a ses limites.

Respectueusement,
Votre administré ...

1 commentaire:

  1. Le cabinet du maire14/12/2006 18:36

    Réponse.

    Monsieur,

    Nous avons pris bonne note de vos remarques et commentaires.
    La position du Maire et de l’ensemble du Conseil Municipal est clairement expliquée dans les différents courriers qui ont été adressés aux conflanais, dans la Lettre du Maire et dans le VAC Magazine.
    La réunion publique du 12 qui a rassemblé 900 personnes a donné l’occasion à chacun de s’exprimer. Y ont participé notamment les comités de quartiers et les associations de défense. A la tribune, le Maire et son 1er adjoint, Président de Région, ainsi que les élus en charge du dossier ont fourni tous les éléments. L’unanimité s’est faite entre Mairie-Associations-Comités de quartier-public sur tous les éléments communiqués (y compris par la Région) et sur l’action.

    Sur le site de la ville, vous trouverez un blog consacré à l’A 104 pour poursuivre le débat et vous tenir informé.

    Meilleures salutations.

    Cabinet du Maire

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