28 déc. 2006

Sous le fouet des prébendes

c'est la fêteLe "syndrome du 21 avril" fait rage dans les rangs de la nomenklatura pour la meilleure distraction du corps électoral. Le vulgum pecus croit détenir entre ses mains la clef de la grille du coq et le cirque médiatique est là pour chaque jour l'escroquer, en lui répétant qu'il est souverain.

La dame de coeur est parvenue à acheter l'incorruptible Chevènement au prix de dix circonscriptions et la pie noiseuse Taubira au prix de trente, puisqu'il vaut mieux avoir la Dépêche du Midi avec soi dans un combat serré. Ces circonscriptions transférées sont prises d'ailleurs sur le contingent féminin paritaire du PS.

A peine a-t-on rallié les chevau-légers, que le clown blanc et l'auguste de service se déclarent libres de participer à un gouvernement d'union si monsieur Sarkozy y consent après sa victoire quasi-certaine. Ainsi Bernard Tapie à qui Madame Royal ne voulait surtout rien devoir la rassure-t-il en emportant quelques milliers de voix au Sarko-Borloo Club, et Bernard Kouchner d'en faire autant.
Il faut dire que les non-propositions économiques de la candidate socialiste officielle ont dû surprendre Mme Kouchner qui tient un bar à thème sur FR3 appelé France Europe Express.

Chez les libéraux naturels de l'UMP le gaullisme à géométrie variable du petit de Hongrie énerve la dame de pique qui va marquer son territoire en ameutant sur son nom le RPR canal historique. Les Juppé et consorts viendront-ils ? Rien n'est moins sûr, la soupe pourrait bien tiédir à les attendre. Elle risque plutôt de recevoir le renfort-cadeau de Marie-France Garaud et quelques autres évadés de la crypte. Le gaullisme n'est pas une doctrine sociale. C'est une posture adaptée à un homme. On peut singer, mais cela reste malgré tout une mascarade. L'avatar en fin de vie politique Chirac est le comble de l'hérésie gaulliste.

Mais l'émiettement menace aussi le camp des saints. Le parti communiste étant obligé d'y aller sous sa propre marque afin de ne pas disparaître avant les législatives et pouvoir négocier ses circonscriptions avec le PS, éparpille l'Ultragauche (ça vient de sortir) qui monte au créneau en pagaille, mais pourrait bien additionner des voix. En 2002 ils avaient totalisé 10,44%.

Il existe deux blocs apparemment solides, le FN et l'UDF.
Mégret rentre au bercail ; petite victoire pour Marine Le Pen et quelques dizaines de parrainages d'élus pour le Menhir ! En 2002 le félon avait fait tout seul 2,34%, ce qui aurait donné 19,20% à Le Pen, et la première place au premier tour !

Pour l'UDF de François Bayrou. L'évolution des sondages à l'égard des trois grands candidats déterminera sans doute la direction d'abattage de l'arbre de leurs prétentions puisque c'est aussi un syndicat de sortants.

La classe politique va organiser au mieux de ses intérêts le choix qu'elle proposera aux électeurs, en visant surtout le meilleur positionnement pour les législatives qui suivront rapidement la présidentielle où un seul sera élu. Compte tenu de la manipulation des temps de communication à proportion des résultats précédents, les accédants au parlement seront majoritairement ceux qui en sortent, avec les piteux résultats que l'on sait. Mais le système a été conçu pour qu'il soit difficile de décramponner les députés de la mangeoire républicaine.

Qu'importe finalement dès lors que les dévolutions de souveraineté à Bruxelles laissent la portion congrue aux législateurs hexagonaux.

C'est un cirque onéreux mais un grand et beau cirque, à tel point que le brûlot va pétitionner pour que l'hémicycle soit terminé enfin, en vraie piste sablée circulaire.

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