12 janv. 2007

Douceur funeste

dirigeableJ'apprend avec angoisse que Jean-Louis Estienne part en ballon au pôle nord pour mesurer au laser l'épaisseur de la calotte glaciaire. Souhaitons lui tout l'hélium nécessaire afin d'échapper aux ours qui n'hibernent plus avec ces canicules. Mais le ballon c'est une bonne idée dès fois que la banquise ne fonde nuitamment comme nous le prédisent les Hurons de service, Al Gore et Nicolas Hulot. J'ai noté avec quelque bonheur que les imprécations du second ont agacé le consigliere Attali à un point de ire tel qu'il a lâché l'expression "totalitarisme écologique".
Il a raison : A quoi sert-il de s'alarmer pour les ours blancs ou les monarchs (les papillons) si c'est l'homme qui doit disparaître en masse d'ici cinquante ans, après avoir ruiné la planète comme Vandales en Espagne et bouffé toutes ses ressources. L'homme-criquet succède-t'il à l'homo sapiens sapiens ?

Parce que la douceur du climat n'est pas le vrai problème de l'espèce, qui résiderait dans un citadinisation ingérable de hordes misérables et crétinisées. Quoique !
En attendant l'Apocalypse il faut bien vivre. La douceur est funeste. Si elle déclenche des cataclysmes, tempêtes et canicules, elle bouscule surtout le confort occidental de sociétés complexes organisées sur le juste retour des profits acquis par les uns au bénéfice des autres, dans un enchevêtrement de flux économiques inextricables que Steppique Hebdo va vous narrer dans le détail, avec les mots de tous les jours maintenant que les fêtes sont passées.

La grippe tarde et mon concessionnaire Alfa Romeo s'inquiète des rabais qu'il lui faudra consentir si tant est que mon docteur comme d'autres, décide de ne pas repousser le remplacement de sa 156 d'un an. Ce qui ne sera pas suffisant pour palier le manque à gagner de la douceur funeste. Oubliez Courchevel ou Morzine, on ira à Laguiole et s'il n'y a pas de neige, on fera du traîneau à roues de bicyclettes tiré par des vaches blondes à défaut de rennes.

A l'autre bout de nos vacances, la Mamounia broie du noir. Les petits marquis nomenklaturés en France vont se faire moins nombreux si on peut choper le hâle de santé pas plus loin qu'au cap d'Antibes. L'Atlas et le Hoggart c'est fini !

Le souk s'effondre, on sue à Vélizy 2 et les échoppes de plein vent font frire des merguez en janvier, comme en juillet au Genelev d'Ankara. Le troc des petites vertus envahit nos trottoirs, favorisé par l'élévation du thermomètre, et on parle déjà de garer tout ce monde en maison pour retrouver la joie de vivre d'avant-guerre, hors de vue de nos chères têtes blondes qui d'ailleurs frisent plus vite que d'ordinaire.

Après tout, qu'ai-je à dire que la planète se réchauffe si je n'y puis rien faire et si je n'ai plus froid l'hiver. Le monde bouge !
Bizarrement c'est dans la strate progressiste de nos sociétés que se recrutent les pourfendeurs du changement climatique. Eux qui ne croient généralement à rien sinon eux-mêmes, nous chargent de péchés et nous appliquent la culpabilisation collective formellement interdite par la déclaration des droits de l'homme et de l'ours. Et s'il était inéluctable le réchauffement ? Fin de l'ère glaciaire, bonjour Tropicanaland ! Les espèces vont disparaître, sauf les mouches. Les ours perdront leur fourrure pour finir comme nous, en bonne intelligence comme au temps des cavernes quand nous nous protégions chacun à tour de rôle, pour nous boufffer plus tard. Les hyènes vont bouillir, qui s'en plaindra. Par contre on n'aura plus de morues (en mer) pour l'huile de foie, ni de saumon fumé pour le réveillon !
Est-ce si grave ?


copyright Globecartoon par Chappatte pour Le Temps de Genève

Mon fils potasse déjà la géographie sélène.

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