2 févr. 2007

Irangaffe

ChiracTéhéran l'a rêvé, Chirac l'a fait.
Banaliser la bombe atomique chiite !

Notre président n'a jamais excellé dans le discours politique à bâtons rompus hors du cercle restreint de ses courtisans. Il trouve toute sa mesure quand il s'imprègne de la camaraderie des champs de foire, et place bons mots, encouragements et lève le coude. Sinon comme le sous-préfet d'Alphonse Daudet, il lui faut rédiger sa pensée, et la civilisation lui saura gré d'avoir fait perfectionner le prompteur jusqu'à un point qu’on n’imaginait pas. La moindre allocution pour dévoiler une plaque, rendre compte brièvement du résultat d'une conférence ou simplement pour vous souhaiter la bonne année, nécessite une fiche à lire attentivement ! C'est peut-être plus qu'un défaut de spontanéité, un défaut tout court.

Ainsi durant son dodécanat l'a-t-on rarement sinon jamais vu tenir une conférence de presse. L'inattendu le fige. Seule exception, la causerie du Quatorze Juillet qui doit être une véritable torture. Le temps passant et atteignant très bientôt le bord ultime de la fonction politique, monsieur le Président s'est lâché dans une causerie à bâtons rompus avec des journalistes américains, venus exprès au Harris Bar mesurer le réchauffement parisien de la planète. Du moins dans son annexe élyséenne.

La politique étrangère de la France n'étant soutenue que par le contre-pied systématique des positions de la Maison Blanche, il était donc facile de provoquer Condoleezza Rice en admettant du bout des lèvres l'inéluctabilité de la bombe iranienne, dès lors que les trois mille centrifugeuses nécessaires sont à pied d'oeuvre. Pour discuter des détails le gouvernement de la France envoie le cardiologue diplomatique à Téhéran.

Nos amis américains doivent se répéter souvent la maxime royale "mon Dieu, gardez-moi de mes amis, de mes ennemis je m'en charge !"

Mais cette fois la connerie est majuscule. Si la presse américaine a relaté les propos avec les commentaires qu'ils appellent, la presse française elle, se déchaîne contre le cuir, la bourde, la gaffe. Le vieux lion est pelé mourant, l'âne se libère !
Chirac le Persan s'est rétracté. Comme un tribun de préau ...

Vivement José Bové à l'Elysée !

C'est le faux scoop de la semaine.
ZappatocSans prompteur sur le tracteur de sa femme, Zappatoc, le trotskard free-lance de l'internationale communiste, se lance contre l'internationale libérale et son bras armé l'OMC, pour régler le dénivellement social des banlieues. Arabes et paysans même combat. C'est nouveau ça vient de sortir.

Zappatoc a ruiné la recherche agronomique française dans le secteur le plus prometteur. Au final le marché mondial des OGM a été investi par les semenciers yankees. Ce qui permet aux hurluberlus de l'antimondialisme de continuer à hurler. Au grand quartier général de la Monsanto à Saint-Louis, le hall d'accueil pourrait s'orner d'un portrait en pied de l'histrion français, légendé "A José Bové la Monsanto reconnaissante". Qu'en pense la Campesina qui le nourrissait jusqu'à il y a peu ? Rien vraiment. Elle attend que s'achève le cycle de Doha qui sortira le Tiers-Monde non-émergent de sa misère.

De cela Bové n'a cure puisque comme beaucoup il mange sur la misère des autres.

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