15 mars 2007

Choix de démocratie par G.Bardon

Il est des gratuits fournis, d'autres tristes à n'y pas rouler un poisson, la plupart vulgairement mercantis. Brocantant en Val de Loire pour ma boutique d'enfer, j'ai ramassé Le Petit Solognot qui traînait sur une fausse crédence en contreplaqué Louis XVI. Outre les avis de manifestations locales, je suis passé en page 3 sur un éditorial qui aurait eu sa place dans la "grande" presse. Avec leur aimable autorisation, je vous le livre brut de canard. Rien à retirer !

Un choix de démocratie

La campagne pour les élections présidentielles est entrée dans sa phase: "un coup par ci, un coup par là". J'aurais pu vous parler des Ségolénades à répétition qui alimentent le microcosme politico-médiatique. Il faut dire qu'elle se donne des Montebourg pour se faire fouetter. De ses approximations en politique étrangère (Moyen-Orient, Chine, Québec...) à sa méconnaissance des lois récemment votées (femmes battues) en passant par ses approximations sur les problèmes de défense nationale et sa blague sur l'indépendance des Corses, la matière première abonde. Pour cette dernière histoire, je trouve scandaleux qu'un humoriste raté, en mal de cachet et de reconnaissance, se permette des plaisanteries d'un goût aussi douteux qui frôlent l'escroquerie et mériteraient une suite judiciaire.

J'aurais pu relayer les attaques habituelles, en période électorale, contre les R.G, car la police est forcément à la botte de la droite. C'est un peu comme ci, on disait que les médias ayant lancé l'information (Canard enchaîné, Nouvel Obs, Canal +, Laurent Ruquier...) étaient aux ordres de la gauche. Ridicule, non !!!

J'aurais pu vous dire que je partage, une fois n'est pas coutume, la position du Parti socialiste réclamant le départ de Nicolas Sarkozy du Ministère de l'intérieur. C'est un mélange des genres dangereux et qui prête à des soupçons et à des attaques. Pour couper court à ceux-ci, rien de plus facile : démissionner rapidement.

Mais loin de ces chamailleries très, peut-être trop politiciennes, le véritable enjeu de la prochaine élection présidentielle est celui du choix de la société dans laquelle nous voulons évoluer ces prochaines années.

Veut-on continuer à célébrer une démocratie d'opinion, où les minorités de tous poils dictent leur loi, une démocratie charitable, où la compassion est élevée au rang de dogme politique ou veut-on enfin redonner de l'air, de la vie, de la responsabilité, de l'envie, en un mot de la liberté aux Français et une place à la France dans le panier de crabes mondial, par des décisions et des réformes courageuses ?

Critiquer la démocratie d'opinion au moment où l'on nous rebat les oreilles avec la démocratie participative, relève de la schizophrénie, me direz-vous, mais demander à chacun de raconter ses misères, ses tracas, relève plus du bureau des pleurs et du concours Lépine que de l'analyse lucide des problèmes généraux.

Nos dirigeants passent leur temps à commander des livres blancs, des analyses, des rapports et à rédiger de nouveaux textes sous la dictée des groupes de pression, générant des lois absurdes et inefficaces. Dernier exemple en date, les médias n'ont pas hésité à présenter le projet de loi sur le droit opposable au logement comme le triomphe de la démocratie d'opinion alors qu'il ne s'agit que de la victoire d'une minorité agissante, même si elle est généreuse et charitable. En démocratie, c'est la majorité des citoyens qui décide par l'intermédiaire de ses représentants élus, pas des groupes agissant souvent pour justifier leur existence même, ni les médias dominants !
Nos dirigeants passent leur temps à se précipiter sur les lieux d'un accident aérien, ferroviaire ou autre, à se rendre aux enterrements... pour bien montrer leur grandeur d'âme.

Critiquer la démocratie compassionnelle au moment où l'on en fait des tonnes et des tonnes sur l'abbé Pierre, - en minimisant le côté catholique de l'histoire, faut pas déconner non plus... - relève de la folie pure et peut passer pour du cynisme. Qu'importe, je considère qu'un, ou une, responsable politique doit avoir de la tête, des tripes et non du coeur. Il n'est pas là pour se consacrer aux bonnes oeuvres. Il est désigné par le peuple pour défendre la grandeur et l'intégrité de son pays, pour promouvoir le développement économique et social et pour garantir la sécurité de tous ses concitoyens. Plutôt que d'instaurer une panoplie de droits : droit à la santé, droit au logement, droit aux loisirs... qui fabriquent une cohorte d'assistés, ne serait-il pas préférable de favoriser, de créer les conditions permettant à tous, donc à chacun, de réussir sa vie.
La charité, la solidarité est une affaire de conscience personnelle et d'ailleurs, les Français, dont je fais partie, prouvent leur engagement à chaque fois qu'il est nécessaire, dans les associations caritatives ou individuellement.

Nous ne sommes pas seuls sur cette terre et le président de la République n'est pas soeur Emmanuelle, surtout dans le monde actuel. Le gouvernement n'est pas le Secours Catholique ni les Restos du Coeur sauf à fabriquer des Rmistes et des SDF. Dans son livre la Société de confiance, Alain Peyrefitte décrivait ainsi l'abondante générosité de l'Eglise espagnole du XVIIIème siècle: "L'Eglise aimait tellement les pauvres qu'elle les multipliait".

Gouverner un pays, c'est tenter de résoudre les problèmes et détruire les causes engendrant les difficultés, les drames de la collectivité. Seules la croissance, la combativité, la lucidité peuvent avoir raison du chômage. Seules la création de richesse, l'imagination, le travail peuvent avoir raison de la misère. Pour partager le grain, il faut du grain. Pour avoir un logement, il faut construire. Pour acheter ou louer un logement, il faut du travail. Pour avoir du travail, il faut libérer les entreprises, baisser les charges, casser les privilèges, se débarrasser d'un marxisme syndical archaïque et paralysant, encourager l'initiative...
Ainsi l'abbé Pierre pourra reposer en paix !

Gérard Bardon
Le Petit Solognot du 7 février 07

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