14 mars 2007

Où est passée la Gauche ?

Marie-Ségolène et Laurent
Elle se compte et recompte et ne trouve pas ces cinquante sur cent plus un que lui prédisaient les élections antérieures. L'Elysée dans un fauteuil c'était la peine de laisser courir la gazelle sans cervelle, on récupèrerait les prébendes que forcément elle devrait distribuer pour survivre au stress présidentiel. Bah, elle avait juré qu'elle ne prendrait aucun "sortant" des gouvernements Jospin dans son team avant de se raviser pour appeler au secours les éléphants. Péripéties de campagne !
Au bout du compte les cinquante pour cent ne sont pas là où ils étaient annoncés, ni les quarante d'ailleurs, peut-être quelques trente-cinq, et encore.
Zappatoc le disait clairement ce matin à la Matinale de Canal+, la Gauche doit faire ses 50 en totalisant toutes ses composantes au premier tour. On en est loin, il n'est même pas sûr lui-même de participer, faute de parrainages. Additionner LO + LCR + PT + PC + PS ne fait pas le compte. Alors quoi ?

Les Français dans l'ensemble ont envie de changer. Pour quoi ils ne le savent pas eux-mêmes mais ils veulent changer. C'est une présidentielle sans candidat sortant, le moment du renouveau ...
Ainsi malgré ses insuffisances en tous domaines sauf au guichet des pleurs - Marie-Ségolène est une vrai cellule d'accompagnement psychologique à elle seule - la candidate du parti socialiste avait ouvert portes et fenêtres pour faire entrer l'air frais avec les nouveaux adhérents "un clic" et on lui pardonnait tout. Las, le patinage des propositions l'a conduite au baiser de la mort en convoquant l'ancienne clique bourgeoise ranci, partagée entre ouiouistes et nonnistes, archéomarxistes et sociodémocracistes, pour le parfait bonheur du contempteur berlusconien hongrois qui nous vend maintenant l'identité française. On aura tout vu !

Il est quasiment certain que Marie-Ségolène peut se vautrer au premier tour, à preuve les incantations des éléphants expérimentés qui n'avancent aucun argument de campagne pour elle et se cantonnent dans l'attaque contre les autres candidats, surtout Bayrou. La meilleure contribution est celle de Strauss-Kahn qui assène sa certitude de la voir au second tour. C'est du dépit en creux !

Le ludion Mélenchon, sénateur pour la cocarde qui se mouille avec l’extrême gauche pour monnayer ensuite son retour « mainstream », crie "au feu au lac" devant la montée de François Bayrou dans l'Opinion, l'enfoiré faisant carton plein de popularité à Saint-Denis. Tout ça dans le Neuf-Trois de Strauss-Kahn et Guigou ! Le PS est très malade !

Mais les Français ont le temps de changer d'idée avant de changer de président.
Si l'on se cale dans le voltaire (ou le chesterfield bourgeois) et qu'on ferme les yeus, l'on s'aperçoit qu'ils ont adoré Ségolène Royal, fille de militaire élevée chez les Soeurs, mère de famille et toujours assez bien foutue, avec une approche politique incongrue mêlant le casernement des voyous et la bombe atomique avec ingénuité. L'amourette a duré plus que prévu. Sarkozy s'est avancé sur la carte du Tendre avec une prestation homérique dans les one-man shows préparés par les médias hypnotisés. Mais bon, le costard de Chirac lui arrive aux genoux !

Arrive le pâtre Bayrou qui veut tout changer sur la base des existants. Du jamais vu, la révolution des moeurs politiques avec les concussionnaires qui se goinfrent ! Les Français adorent. Et si en plus il monte dans les sondages, ils sont aux anges. Son problème, tenir trente jours avec presque rien ! C'est faisable si les trois autres se plantent.

Reste justement le cyclope. D'aucuns prédisent que c'est sa candidature de trop et qu'il va sortir du champ politique comme un vieil hareng saur. D'autres le "savent" à vingt pour cent. On pourrait alors assister à une finale Bayrou - LePen, qui ne serait pas écrite d'avance parce que le gentil Bayrou n'a pas la carrure d'un Chirac pour rassurer l'électorat au moment complètement dérouté. Le Pen pourrait alors passer, quitte à ne tenir ensuite que six mois en gouvernant par décrets.

Puisqu'on en parle, il fallait lire la presse étrangère commentant l'adieu aux armes du président Chirac. A part la presse russe, tous les journalistes ont souligné l'échec de sa présidence, sa pusillanimité, ses retournements, son défaut de fiabilité, ses moeurs politiques douteuses, et la plupart de terminer sur un "la France méritait quand même mieux".
Quelles dissonances avec la presse française qui a fait des unes en couleur avec le drapeau tricolore en fond d'écran et des commentaires affectueux sinon dithyrambiques ! La matière la plus consommée par nos média, après l'encre ou les photons, c'est le cirage !

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