2 mars 2007

Prix Iznogoud 2006

ForgeardLa Europa AG est-elle malade ?
C'est la question que se posent les clients lointains de la Airbus Industries qui non seulement subissent de coûteux reports de livraison du géant des airs, mais comprennent que la gestion arrogante du Conglomérat de Lerne est encore un bâton merdeux que se disputent les gouvernements des pays hôtes.

Le fleuron européen, jumeau de Arianespace et comme elle, enfanté en France par la crème de nos ingénieurs, est arrivé à cumuler sur son succès subventionné en trompe l'œil, toutes les tares du vieux continent. Aux mangeurs d'intégrales à tous degrés, aux logarithméticiens chauves, se sont patiemment substitués les managers, les rats de conseils. L'entreprise avait acquis une telle dimension qu'il ne s'agissait plus de la laisser aux caprices des professeurs Tournesol. Alors vinrent les Forgeard ! Les conseilleurs de cabinets accédèrent par l'entregent où d'autres étaient parvenus par leur talent.
Le problème du rat - dans la fable d'ailleurs, il y a bévue zoologique - c'est qu'il prend facilement la grosse tête ; et avec les dents qui traînent par terre, vu sa taille, il devient dangereux. Le vizir chiraquien de l'écurie Matra se sentit pousser le turban de calife quand le poste de son supérieur devint vacant. Il accédait à la gloire suprême … presque ! Il suffisait de bloquer les Teutons par tous moyens même légaux. A ne plus faire que ça de ses journées il y parvint, et dès l'accession ne se leva plus de son lit de soie, affirma-t-il.

Le regretté Riboud de la Générale Alimentaire aujourd'hui danonisée, avait confié à un panel de jeunes banquiers de ma connaissance, que le secret de sa réussite était de virer tout son haut-staff chaque fois qu'il franchissait un palier décisif de son cash flow. La bonne équipe à 10 millions ne sera pas celle qui en fera 100, non plus pour celle-là d'en savoir faire 1000. C'était fort bien jugé. Il aurait pu ajouter que les mondes à dix, cent et mille se superposent et ne se pénètrent pas ; dans l'art et la manière d'abord !

Le rat Forgeard a montré qu'il n'en avait aucune, à arguer de son éloignement des ateliers pour s'exonérer de toute responsabilité, ce qui, connaissant son caractère "fouille-poubelle" hérité de fonctions politiques antérieures, en a étonné plus d'un, à commencer par les chefs d'équipe qui le croisaient à Toulouse. D'accord, il aurait dû aller plutôt à Hambourg. Mais en hiver, Hambourg c'est for connoisseurs only ! Il en remit une couche en se goinfrant lui et sa nichée de stock-options avant que les mauvaises nouvelles ne se répandent. Dans la famille Forgeard, j'appelle le père Noël ! Il ne fut pas le seul, le fils Lagardère en fit autant. Finalement on patauge dans le monde des "petits poussés en graines".
Forgeard s’est vu décerné le prix Iznogoud 2006. C'est toujours ça à côté de la légion d'honneur !

Nos ingénieurs méritent mieux que ce parasitage politique des cuistres. Au final, il faudra remettre à plat le puzzle Airbus qui vient d'exploser. Merci Louis Gallois. Le moindre artisan sait qu'il vaut mieux un plus grand atelier que deux ou trois plus petits disséminés. On y gagne en réactivité, contrôle, faux-frais et réflexion collective. Mais quel artisan avait le téléphone d'Airbus ?

airbus crashé

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