30 mars 2007

Total Zero

3 autruchesQui va s'attaquer aux braises insurrectionnelles qui couvent sous les petits désordres tranquilles de nos villes ? Il semblerait que la danse du ventre de nos candidats soit peu troublée par cette menace, qui la continuent dans une frénésie médiatique obscène, les pires n'étant pas les quatre trotskards abonnés à la destruction de l'Ordre, mais bien Ongrois le Bref, oublieux de ses responsabilités toutes fraîches. En Rayban sur les pentes d'un glacier desséché envahi de ses thuriféraires médiatiques, il nous baille son amertume de comptoir :

"Voir que des candidats à la présidence de la République, c'est-à-dire qui doivent incarner l'identité de la nation, l'autorité républicaine, trouvent des excuses aux fraudeurs, aux émeutiers et aux violents, ça me fait mal au coeur". "Lui, ça lui fend le coeur ! Et à toi ça ne te fait rien ?"

Comment se fait-il qu'après cinq ans de vigilance de tous les instants aux deux postes qu'il a occupés dans les cabinets Raffarin et Villepin, il se trouve encore des émeutiers à portée de la moindre infraction relevée par le service public ? Ce n'est pas la bonne question. La Gauche qui daube sur le complexe sarkozien de la statistique gagnante, a fait pire et aussi cher, avec ou sans police de proximité. Le fond de la question, ou le double-fond peut-être, est bien l'inadaptation d'un système de gouvernement qui privilégie les estrades, la course aux micros, la compassion médiatisée sur les lieux d'accidents, la participation voyante aux obsèques, tout ce qui peut avantager l'image. Dans quel but, nous le savons tous.

Finalement notre démocratie a versé dans la démagogie, son avatar obligé. Le souci du travail bien fait, celui de la persistance de l'effort sur l'axe choisi, de la bonne tenue des réparations de notre société, tout cela ne surgit qu'en incantations politiciennes lors des campagnes, pour être vite oublié dès le lundi matin où sera formé le gouvernement des super-prébendiers. Notre pays est bien plus malade que ne l'acceptent les responsables. A lire les programmes des candidats, on touche du doigt tous les contours de l'escroquerie puisque chacun proclame son refus de porter le fer où la plaie suppure. Dette, entraves de toutes sortes, gabegie, on ne touche à rien, il suffit d'en parler ! Quant à l'affaire de la Gare du Nord c'est un épiphénomène, ou la manifestation cutanée d'un désordre enfoui dans la chair même de la Nation. On va mettre de la pommade.

La réverbération médiatique les a tous alignés, le menton haut, sur l'identité nationale. Et de surenchérir au fur et à mesure que les sondages quotidiens de réglage confirment l'impact populaire de ce discours, en même temps que le rejet de plus en plus large de l'indulgence réglementaire à gauche. Le problème est quand même qu'il n'y pas si longtemps cette locution était un gros mot. Certes, me direz-vous, la démocratie représentative est vouée à traduire l'opinion publique et donc il n'est pas scabreux que l'identité nationale soit portée aujourd'hui par la classe politique. Sauf que cela restera un mot !

Où est passée la réforme du code de la nationalité ? Quand va-t-on décréter les exigences simples préalables à l'acquisition de la nationalité française comme la pratique linguistique, la connaissance des moeurs de la civilisation française, une synthèse de l'histoire du pays, les codes de fonctionnement civique, etc. Ce n'est que simple bon sens ! Mais quand on a dit cela, bêtement, naïvement, on n'a pas parlé des recalés ni même des refuzniks "français". C'est ici que ça commence vraiment, et on ne peut pas en vouloir à Le Pen de pavoiser sur son pronostic déjà ancien. Oui, l'immigration nous pose de graves problèmes.

Comme nos structures et nos dirigeants ne semblent avoir aucune solution plus élaborée que l'analyse en continu du phénomène, il serait judicieux de stopper la noria jusqu'à ce que nous ayons trouvé les voies et moyens de résoudre la question. Il faut décréter l'immigration "total zéro".
Sans entrer dans le détail des mesures (sur demande) qui vont de l'arrêt du regroupement familial à la biométrisation systématique des visas touristiques, la mesure, même non étanche, a deux mérites :
1.- le message parviendra jusqu'au fin fond de la brousse (c'est une image), et surtout jusqu'aux oreilles de tous les trafiquants de migrants et passeurs en frontière qui pourrait être inculpés d'atteinte à la sûreté de l'Etat par exemple.
2.- l'administration française n'aura plus à juger de la pertinence de telle ou telle requête d'asile, puisqu'elle sera soumise au décret "total zéro", de même que les tribunaux n'auront plus à graduer leurs jugements. Les sans-papiers-sans-travail seront expulsés, les dossiers des autres traités par les syndicats de travailleurs de leur branche.

Ce décret sera très critiqué et il n'est pas sûr qu'il puisse être maintenu très longtemps, mais il aura une force médiatique considérable et simplifiera l'application de nos lois. Il laissera le temps à caler notre prospective démographique au grand jour. La pacification des banlieues reste quant à elle du ressort de la Justice. Sans elle point de salut. La police que l'on accable de tous les maux - à juste titre parfois - est un outil qui vaut ce que vaut son commandement.

2 commentaires:

  1. Le diable est dans le détail.
    J'aimerai connaitre celui de votre décret d'immgration zéro !

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  2. 1.- biométrisation de tous les visas avec traitement informatisé des échéances (comme à Hong Kong pour les cartes ID) et refus de visa d'entrée à tout repris de justice ;
    2.- suspension sine die des visas de regroupement familial de quelque pays d'origine que ce soit ;
    3.- suspension sine die de toutes les procédures de naturalisation sans exception (la non-naturalisation n'engage pas le pronostic vital), et fermeture des services judiciaires et préfectoraux concernés ;
    4.- agravation sévère des peines encourues pour l'activité de passeur et trafiquant de migrants requalifiés en "traite" ;
    5.- chasse intensifiée aux passeurs ;
    6.- appel à recensement des clandestins ayant un emploi, sur incitation de régularisation sous un an de tous ceux ayant un casier judiciaire vierge (délits de clandestinité exclus) ;
    7.- rétablissement de la double peine : expulsion de tout immigré en situation régulière ou irrégulière condamné au pénal ;
    8.- négociation avec les pays d'origine pour y faire effectuer les peines de prison de leurs ressortissants, avec paiement d'un forfait pénitentiaire ;
    9.- surmédiatisation du décret d'immigration zéro à l'étranger.

    L'objectif est de passer le message dans les pays d'émigration, de couper la voie administrative d'immigration, de contrôler les motifs d'entrée sur le territoire, de caser les filières, de soulager notre système pénitentiaire, mais aussi de faire leur place aux travailleurs sans histoires. Si des mesures contreviennent aux lois européennes, nous invoquerons la clause de sauvegarde.
    Le dispositif peut être jugé au bout de cinq ans.

    Steppique Hebdo, avril 2007

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