25 mai 2007

Perversion du scrutin majoritaire

la Chambre par Daumier
La chambre bleu horizon ou bleu de Prusse ou bleu de Sion qu'on nous annonce, pourrait bien couler le porte-avions UMP si d'aventure le scrutin législatif ne laisse aux députés de l'opposition réglementaire qu'une poignée de sièges, et la possibilité de ne constituer qu'un seul groupe.

La vacuité du programme socialiste soulignée par l'absence de tous les éléphants des conseils et meetings nationaux, l'implosion du parti des Verts pulvérisé par la démarche hypermédiatique de Nicolas Hulot, et l'impossibilité arithmétique du MoDem d'arracher les reports nécessaires pour passer au second tour, augurent mal de la représentation de la Nation au sein du cirque démocratique.

Le président Sarkozy n'est jamais passé qu'avec 50% des voix déposées dans les urnes si l'on veut bien compter les blancs et nuls, mais il est en passe d'obtenir une majorité parlementaire de 75% de sièges au moins. Sachant que tous les Français - et loin s'en faut - ne seront pas représentés au Palais Bourbon, il y a comme un défaut, un grave défaut.

Cette stupidité du scrutin uninominal majoritaire à deux tours, conçu pour faciliter l'exercice du pouvoir au prix d'un déni de légitimité, n'a plus lieu d'être dans un régime présidentialisé où la quasi-totalité des pouvoirs remontent à l'Elysée. Qu'on laisse donc le parlement représenter l'ensemble de la Nation sans exclusive, à peine de voir rapidement sa légitimité résiduelle contestée ...... par la rue, et la soi-disant démocratie populaire directe avec son cortège de désobéissances civiques.

Mais ce n'est pas tout. Ces majorités fortifiées nourrissent en leur sein des appétits exaltés par la solidité de l'ouvrage. Et comme boule de neige dans la pente, les critiques constructives, intelligentes, des projets gouvernementaux deviennent vite des critiques tout court, avant de passer au stade des contre-propositions, à la limite de l'insurrection parlementaire. C'est d'ailleurs au motif de juguler l'opposition interne dans les rangs de la majorité que Dominique De Villepin avait demandé et obtenu de Chirac la dissolution de l'Assemblée nationale.

L'UMP est un composé. Il serait étonnant que les conditions d'exercice des pouvoirs législatifs n'y laissent apparaître avant longtemps la trace des soudures inter-partis, voire des rancoeurs exprimées déjà par les laissés-pour-compte de l'ouverture récente du cabinet Fillon.

Le système court de lui-même vers sa propre révolution.
Il n'a plus de frein ! Pour couler l'UMP, votez UMP.

dissolution par Daumier

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