9 mai 2007

Troisième tour pour Fillon

François Fillon"La gauche appellera à l'émeute mais il n'est pas sûr que la réaction populaire aille au-delà des feux de la Saint-Jean mécaniques habituels. Et puis ce seront les vacances."
C'est ainsi que se terminait notre billet outrecuidant qui tentait une analyse du premier tour de la présidentielle. L'allumée qui m'a vendu cette boule de cristal ne s'est pas foutue de moi.

La Gauche dite de gouvernement qui n'a plus rien pour pleurer ni aucun allié de référence, a bien suscité l'émeute, les crevards de la République ayant vieilli de cent ans en un jour comme le susurrait monsieur Strauss-Kahn au soir du désastre, qui pensait raisonnablement être meilleur sur ce coup que la femme du Premier secrétaire de son parti ! Dit en passant, j'ai lu dans la dernière livraison du magazine Capital que les rationnaires de la cantine ouvrière cumulent plus de dix mille euros mensuels de pensions, ce qui fait beaucoup pour des sacs à misère qui dégoulinent de haine envers les classes plus aisées et nautiques, au motif hypocrite d'une fraternelle compassion.

Qu'ai-je retenu de cette élection ? Que me dit la boule cristal pour les Cent Jours ?

Le premier vainqueur est inconstestablement le suffrage universel ! Malgré les procédures bizarres d'accès à la compétition, la démocratie a fonctionné et les Français sont sorti de chez eux pour élire un chef d'Etat et non pour récompenser la meilleure image de pub. Le team PS n'a fait les choses qu'à moitié, n'ayant renouvelé que les dents du haut de leur championne, celles du bas étant visiblement attaquées par l'orodontose. Invendable en l'état ! Ce qui expliquerait le lâchage de dernière minute du pianiste de bordel Séguéla.

Il faut dire plus sérieusement que le Débat inter-tour a apparemment coulé la candidate socialiste qui en toute brutalité a abusé de certitudes, toutes fausses ! Son chef de pub aura du mal à se trouver un emploi sauf à démontrer qu'elle n'écoutait que son propre orgueil, comme l'avaient annoncé ses anciens collaborateurs ministériels qui la détestent.

Les grands perdants sont au nombre de quatre : le MPF ne fait pas les frais et la Petite Mosquée dans la Prairie va sortir en série télévisée. Sarkozy a piqué la Turquie à monsieur de Villiers qui ne sert plus à rien.
Les Verts sont aux cent coups qui risquent de disparaître des pupitres à claque de l'Assemblée Nationale, jusqu'à chercher une alliance "technique" avec les Radicaux de Gauche et les Communistes, le nec plus ultra jurassique.
Le Parti communiste doit passer entre les mains des Refondateurs puisque les orthodoxes se sont vautrés comme jamais ils ne l'auraient cru. Appuyés sur les fiefs concédés par les accords de la Gauche plurielle, s'ils perdent leur groupe au Palais Bourbon, ils ressortiront dans les Conseils généraux et régionaux avec des têtes nouvelles. La petite Clémentine a un certain charme et une campagne électorale à l'entrée de l'été découvre la gorge !
Reste le Front national.

Ramené sous la barre psychologique des 10% le trust Le Pen a carrément démérité. Tous leurs affidés disent qu'ils sont cramponnés à la firme FN considérée comme leur chose, il est donc probable que les électeurs "normaux" vont quitter le radeau désormais sans gouvernail crédible ni projet propre, Sarkozy ayant là encore fait main basse sur le fonds de commerce ! Le blogue sanglant "Au Milieu des Ruines" vous en dit plus.

Je ne parle pas de monsieur Bayrou qui jouait à "quitte-ou-double" et ne le sait pas encore. Cavada non plus ! RIP.

Les Cent Jours sont entre les mains de ...... François Fillon. Il a toutes les compétences du poste de premier ministre. C'est le nouveau Juppé, et on lui souhaite meilleur succès à Matignon s'il est probable que le président ne le plante pas comme fit Chirac en décembre 95. A l'Elysée le nouveau locataire sera précipité rapidement sur ses contradictions du domaine réservé, inévitables, dues au rassemblement électoraliste des opinions. C'est l'Europe, la Russie et le Moyen-Orient qui vont le harceler dès lors qu'il ne prolonge pas le consensus mou et la camaderie hors de saison de son prédécesseur.

Il a donc eu bien raison de décompresser sur le yacht de Bolloré. C'est avec les gens d'influence économique qu'on fait avancer une politique économique, et pas avec des comiques ignorant tout des sanctions imparables dans ce domaine capital pour le pays. L'Economique est la priorité. Ni Bayrou, ni Royal ne disposaient des voies et moyens pour relancer le pays.

Enfumé peut-être, mais futé quand même, l'électeur ...

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