1 août 2007

Kaboul, Zaher Shah, Séoul

tableau des martyrs coréens
Les otages coréens vont-ils y passer tous ?
Hamid Karzaï est coincé par son serment de ne plus libérer de prisonniers talibans depuis l'exécution des trois accompagnateurs afghans du journaliste italien Daniele Mastrogiacomo échangé en mars contre des cadres talibans détenus à Kaboul.

Les crapules comptent sur la pression médiatique internationale et quoi de plus efficace qu'un corps jeté en pâture aux caméras sur le bord d'une route ? L'alternative à l'échange est de payer. Un million de dollars l'otage semble être à la portée de Séoul. Faire cette offre valorisant ses ressortissants permettrait sans doute de les garder en vie.

Même si l'on souhaite bien sûr que le cauchemar finisse vite, je reste perplexe devant l'impéritie de l'Eglise presbytérienne de Corée qui monta une mission évangélique dans un pays aussi farouche. Pensaient-ils sans doute que Dieu pourvoirait à tout comme Yaweh daigna le faire au désert. Il semblerait qu'Il ait pris son mois d'août.

Zaher ShahL'ex-roi Zaher Shah (1914-2007) dont les funérailles ont eu lieu à Kaboul la semaine dernière, aussi ! Il aurait pu être la clé de la pacification après l'écrasement des Talibans en 2001 et la mise en fuite des Qaïdistes. Il revint de Rome à Kaboul en 2002 dans le but de se mettre au service des nations afghanes comme Siméon de Bulgarie l'avait fait à Sofia. Quoique peu enclin à pousser partout son avantage, on lui reprocha parfois d'être un contemplatif, sa docilité était moins assurée que celle de l'élégante gravure de mode qui sert aux Américains de roi de Bourges. Sous son règne des réformes sociales importantes pour la contrée avaient été promulguées, comme l'école primaire obligatoire pour tous les enfants, filles comprises, le droit des femmes à aller voter, la constitution de partis politiques. Cette dernière réforme donnera aux communistes et aux intégristes musulmans le socle politique qui manquait à chacun de par le système féodal en vigueur jusque là.

En 1973, la monarchie parut à certains archaïsante et ils lui préférèrent la République plus dans le vent, comme au Pakistan ou en Inde. Il fut chassé du pouvoir alors qu'il voyageait en Europe. Le régime des partis dans un pays fait d'ethnies en concurrence permanente, aboutit au désastre que l'on sait.

Le roi aurait facilement fédéré les chefs tribaux et autres seigneurs de la guerre dans une re-afghanisation du pays, qui chassant les Arabes djihadistes en fuite, se déferait à brève échéance des autres étrangers, y compris les vilains et les chasseurs de vilains !

Les Américains, tout à leur vengeance, n'étaient pas sur cet agenda, qui voulaient avoir un pouvoir sûr et bien à eux dans leur dos afin de pacifier le territoire à leur façon sous la baguette magique de la démocratie d'importation. Le schéma a vite dépéri. Leur analyse était nulle cette fois encore, Ben Laden les nargue.

montagnes afghanes
Le pays retourne à ses vomissements, le coquelicot a refleuri sur tous les champs, les bandits de grand chemin comme les Talibans d'ailleurs revenus, sont à portée de téléphone mais jamais de missile. Où chercher ?


PS : Mohammed Zaher Shah parlait couramment le français qu'il avait appris à Jeanson de Sailly.

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