25 août 2007

Raymond Barre (1924-2007)

 


feu Raymond Barre



Jadis "meilleur économiste" de France, Raymond Barre représenta cette génération de grands commis intègres qui semble plus discrète aujourd'hui. Prof de fac, il capitalisa une forte réputation jusqu'à se faire appeler à la vice-présidence de la Commission européenne en 1967 où il laissera le "plan Barre", esquissant la future Union économique et monétaire. Il est mort cette nuit.

Appelé par Valéry Giscard d'Estaing à Matignon pour remplacer le premier ministre le plus surexcité de la V° République, un certain Jacques Chirac, il surfera sur deux chocs pétroliers et la crise sidérurgique pour laisser les affaires en meilleur état qu'il ne les avait trouvées. Son discours de politique générale à la chambre mérite le détour. Cliquez ici
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Le sens de l'intérêt général de la nation était peu compatible avec la démagogie nécessaire à la procédure électorale et sa politique de rigueur (plus le faux-pas présidentiel des diamants de Bokassa) fera perdre Giscard d'Estaing en 1981, le veau national voulant accéder à la civilisation des loisirs !

"Quand nous avons quitté le pouvoir ensemble en 1981, la France était, malgré les deux chocs pétroliers, dans une situation qu'elle n'a jamais retrouvée depuis : une dette réduite, un déficit budgétaire de 1%, un nombre de chômeurs inférieur à celui d'aujourd'hui" (VGE 26.08.07)

Il n'ira pas plus loin, sauf à considérer que la charge de maire de Lyon soit un destin exceptionnel, parce qu'il refusait la logique républicaine d'affrontement et d'écrasement du vaincu. Gouverner au centre avec les meilleures bonnes volontés de n'importe quel camp, c'était du n'importe quoi dans le "microcosme" de tueurs. Par son positionnement médian lors de la présidentielle de 1988 il suscitera de féroces inimitiés dans le camp chiraquien.

C'était pourtant un homme d'Etat d'une autre trempe que le roi du vestiaire politique qui présidera la France pendant douze ans, à nul effet.

« Un homme carré dans un corps rond ».

Requiescat in pace, Raymond !

 

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