11 oct. 2007

Debout les damnés de la Terre

Les Spéciaux défileront de 18 octobre



l'Internationale au saké par courtoisie de Jacques Deljéhier


Emmanuelli, Hollande et AyraultLes autorités morales de la République Providence nous racontent qu'ils sont bien peu nombreux et que leur sacrifice sur la pierre d'équité ne bouchera aucun trou d'importance. Ce matin encore Henri Emmanuelli, l'increvable thuriféraire des déficits publics - sans doute ne peut-il avoir d'enfants - nous expliquait sur Canal+ qu'il ne s'agissait que de trois milliards d'euros, une paille ! On sent bien qu'il n'a jamais ramé de sa vie pour parler d'une pareille somme comme d'une paille. D'ailleurs les Spéciaux ne sont pas de grands rameurs, encore moins les guerriers qui sortiront le char de l'Etat de l'ornière ; ils s'y vautrent insultant le cocher ivre qui se traîne, alors qu'ils ont encore une longue retraite à vivre.

Qu'en est-il au fond ?
Que-Sais-Je régimes spéciauxLes trois principaux régimes spéciaux de retraite (EDF-GDF, SNCF et RATP), rappelle la Cour des Comptes, touchent près de 500 000 bénéficiaires et comptent 361 000 cotisants actifs. Pour éviter que les entreprises aient à supporter un financement de plus en plus lourd, EDF-GDF et la RATP ont d'ores et déjà entrepris d'adosser les retraites de leurs agents au régime général. Ce transfert de charges est compensé par le versement d'une soulte. A ceci près, note la Cour, que les gaziers, électriciens et agents de la RATP continuent à bénéficier des conditions spécifiques plus favorables que les autres salariés : départ à 55 voire 50 ans, durée de cotisations de 37,5 ans (au lieu de 40), pension calculée sur le dernier salaire, au lieu des dix meilleures années.

Ces régimes avantageux concédés par les gouvernements successifs pour apaiser les tensions sociales sont structurellement déficitaires et réellement stupides. L'article R 711-1 du code de la Sécurité sociale dresse une liste limitative de ces régimes "acquis de haute lutte" : les administrations, les établissements industriels de l'Etat et l'Imprimerie Nationale, les magistrats et les ouvriers de l'Etat ; les établissements publics départementaux et communaux n'ayant pas le caractère industriel ou commercial ; les activités qui entraînent l'affiliation au régime d'assurance des marins français ; les entreprises minières et les entreprises assimilées ; la Société nationale des chemins de fer français ; les chemins de fer d'intérêt général secondaire et d'intérêt local et les tramways ; les exploitations de production, de transport et de distribution d'énergie électrique et de gaz ; le Théâtre National de l'Opéra de Paris et la Comédie française. A l'évidence les "damnés de la Terre" convoquent en couverture de leurs déficits les couillons de salariés du Régime général Vieillesse et il faut défiler pour que ça continue.

Pas exactement ! Les syndicats qui cherchent à sauver la face devant 70% de français excédés par ces privilèges, parlent de négocier entreprise par entreprise. Pour quoi faire ? Je vous le donne en mille : pour simplement abolir les anciens régimes spéciaux et en créer de nouveaux, assis cette fois sur les conditions actuelles d'exercice des professions menacées, le manque à gagner pour tous les autres devant être compensé par une majoration de leurs traitements. Et je fais le pronostic que l'habillage de la supercherie est déjà à l'étude dans les cabinets ministériels.

atelier SNCF en grève
Cela pourrait-il mal finir ? Pas vraiment, mais la crispation du secteur protégé sur des acquits infondés finira de le couper de la masse des Français, qui, comme on l'a déjà vu lors du ball-trap des inspecteurs du travail en 2004 à Saussignac (Dordogne), ne montrent aucune commisération, pire, se moquent, ce qui est indécent.

Liberté, Egalité, Fraternité, le gag !

1 commentaire:

  1. l'ermite du gave31/10/2007 19:32

    je viens d'acheter un fusil de chasse dont je scie le canon pour aller, le moment venu, flinguer tous ces branleurs qui ne sont rentrés dans "le service public" que pour y dormir pendant 35 ans, et en attendant la fameuse retraite .
    Et une précision : les pigeons comme moi, c'est sur 20 ans que ma retraite est calculée.
    Et c'est déjà sur 25 ans pour les nouvelles générations

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