1 oct. 2007

Général Tapioca

Le chic ultime de toutes armes héraldiques est la devise en latin, mieux encore en français. Le Royaume Uni de Grande Bretagne et d'Irlande du Nord a choisi "Je maintiendrai". Consultées par le Conseil privé de la générature du Myanmar, les Editions SeulMaisContre, consultant international de bienséance, aisance et lunettes abattantes associées, a suggéré en français phonétique (plus facile à épeler) et contre la somme de cinq mille six cent quatrevingt-sept livres sterling :

"Beulü Konke Moa Dumheur"


Adopté ! A compter du 4 janvier, fête de l'Indépendance, la devise ornera tous les portraits obligatoires du Sauveur birman qui à cette occasion seront majorés de 10 à 200 kyats selon le format. Retour sur images.

Than ShweRéputé pour sa jungle et ses temples d'or, le territoire birman borde l'Océan indien sur une longueur de 2000 km, ce qui en fait une proie de choix. Les Mongols vinrent voir dès le XIII° siècle, puis les Anglais installés aux Indes. Les Portugais, ennemi des serpents et autres joyeusetés torrides, avaient pour leur part différé leurs ambitions se contentant de Malacca et ses moiteurs musulmanes.
Dès le reflux des troupes japonaises écoeurées par les dommages causés au pont de la rivière Kwai par des alcooliques, Aung An, général birman de l'Armée des Indes, avait négocié les circonstances du départ britannique et lancé la rédaction d'une constitution démocratique. Le traité de Pandong engagea l'indépendance en 1947 et le père de celle-ci fut assassiné le 4 janvier de l'année suivante. C'était le père de Aung San Suu Kyi, la belle refuznik qui fait les titres des journaux étrangers en ce moment, celle-là même qui donna à Than Shwe le titre de "général Tapioca", après avoir lu "Tintin et les Picaros" à l'Alliance Française de Rangoon.

AungAprès cet assassinat - nous étions alors en pleine émancipation des peuples opprimés par l'Occident - la Birmanie a bénéficié de 14 ans d'illusion républicaine puis de dictatures diverses, la première du général Ne Winh ressemblant à celle de Tito qu'il ne connaissait sans doute pas ; la dernière celle du généralissime en cours, peut-être pas la plus brutale s'il y a des gradations sur l'échelle de Richter de la répression, est suspendue aux oracles et autres horoscopes. Les Nostradamus birmans se font de nos jours les couilles en or.

jeune bonze
De quoi vit ce charmant pays, ou autrement dit "où est le gras" susceptible de nourrir toute la Junte ?

Le riz et le tek qui, avec le haut niveau d'éducation du peuple, faisaient la richesse de la Birmanie, disparurent avec les Anglais. La République du Bonheur lancée par U Nu précéda la Voie Birmane vers le Socialisme et finalement il arriva ce qu'il arriva à tous les autres : l'appel au secours international. Au delà d'une agriculture de subsistance et de commerce local, quelques pêcheries, il reste une petite production pétrolière amorcée par les Anglais en 1896, un champ gazier offshore exploité par Total, et une grosse production historique d'opium, surpassée de peu par l'Afghanistan.

Si vous partez au Myanmar ces jours-ci pour rapporter un chat ou pour soutenir la Junte défigurée par les reportages biaisés de la presse internationale, prenez avec vous les captures d'écran des billets en cours en cliquant ICI car beaucoup de billets de banque sont régulièrement démonétisés, façon rustique de juguler l'inflation !

Sioux toujours !
burma shore

3 commentaires:

  1. Ils ont aussi du jade en quantités.

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  2. Quand les jeunes putes birmanes attrapent la maladie en Thailand et sont renvoyées dans leur pays par le réseau, la police des frontières les étranglent pour qu'elles ne propagent pas le virus.
    Simpa !

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  3. Les Japs qui n'ont pas d'intérets birmans vont couper leurs subventions. Comme la junte pompe sur tous les intrants, ça leur fera du mal.

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