6 oct. 2007

Plus que 5 dictatures

SE Mugabe 1 de RhodésieIl reste cinq dictatures sur la planète. Cuba, la Corée du Nord, le Myanmar, le Zimbabwe et le Liechtenstein !
Trois d'entre elles s'effritent naturellement ; le Leader Maximo va rendre son âme à Dieu laissant à son frère Raul le maniement de la serpillière ; Dear Leader a compris qu'il avait plus à gratter dans les investissements sud-coréens que de ruser dans ses déplacements pour éviter le cruise-missile de la VII° Flotte ; le général Than Tapioca Shwe va recevoir son opposante historique pour noyer le poisson voire élaborer un monstre exécutif du même acabit que celui mis en oeuvre par Pervez Musharraf et Benazir Bhutto au Pakistan. Ce genre de chimère plaît beaucoup à l’Ouest – ça distrait - mais comme le satrape va lui proposer des sous (c’est endémique dans les juntes) ce coup-ci va foirer.

Reste le Idi Amin Dada maigre de Rhodésie, qu'il va falloir se résoudre à effacer à la Steyr Mannlicher 308W, lunette Zeiss 2,5-10 X 52 teintée ; qui s'y colle ?

Et le plus fort de tous, le prince de Liechtenstein qui survivra à tous. Qui est-il ?

armes des Liecht.Aloïs de L. est le fils du prince souverain Hans-Adam II auquel il sert de Mazarin depuis le 15 août 2004. Le souverain de jure a dès lors le temps nécessaire pour gérer fermes et châteaux qu'il a nombreux : château de Vaduz en principauté, château de Liechtenstein en Autriche, château de Neu-Liechtenstein à côté du précédent, palais Liechtenstein à Vienne avec probablement la plus précieuse collection d'art privée du monde, exploitation agricole "Rice Tech" au Texas qui fait du Basmati transgénique, et peut-être châteaux aussi en Slovaquie avec dix mille hectares de cultures autour. Les finances princières sont gérées dans une banque privée, la Liechtenstein Global Trust Bank AG, pas folle l'abeille, Robespierre est baisé d'avance !

SAS Hans-Adam II de L.En droit, c'est une monarchie constitutionnelle assise sur le ski, les virements et le vin de coteaux. Un gouvernement de cinq ministres - celui du lundi, du mardi, etc. - est nommé par le Landtag de 25 députés, qui est renouvelé tous les quatre ans. Il y a deux partis pour faire bien, le Parti des Citoyens Progressistes (FBP en allemand) et l'Union Patriotique. Ils dirigent en alternance ou en coalition (3+2) comme aujourd'hui, et tout le monde s'en fout. Si c'est grave, la constitution permet le référendum législatif qui s'avère de plus en plus fréquent, comme en Suisse voisine, avec laquelle la principauté est en union douanière et quelque part en position vassale pour les affaires étrangères. Faut téléphoner à Berne avant de signer n'importe quoi avec l'Autriche ; au-delà personne n'y a jamais pensé.

En 2003, ouragan dans le Landerneau liechtensteinois, le prince réclamait les pleins pouvoirs, sous peine de s'exiler en Autriche (à pied !). La votation convoquée permit au peuple de renvoyer les politiciens sourcilleux chez leurs pénates alpestres, et il accorda les pleins pouvoirs à son prince bien-aimé.

Désormais, le prince peut nommer un nouveau gouvernement, quand bien même l'ancien conserverait-il la confiance du Landtag de Vaduz. Il peut aussi mettre son veto à tout projet de loi comme Louis XVI. Il bénéficie également d'une immunité totale sans être soumis au contrôle du parlement comme Chirac. Et confusion des genres peut-être, le prince a le pouvoir de proposer des lois comme Sarkozy.
Plus fort encore, la possibilité existe de supprimer la monarchie par référendum, le Liechtenstein disparaissant alors sous cette appellation, le prince étant propriétaire du patronyme sans parler même du patrimoine foncier.Pour lui ça ne changerait rien.

Au fait, le Liechtenstein n'a plus d'armée depuis 1868, l'année même où il a coupé les ponts avec l'Autriche (cf. Sadowa 1866) !

Les esprits forts de la démocratie directe et triomphante s'énervent, mais que faire contre un peuple qui aime son souverain au point de s'en remettre à lui et aux sages qu'il choisit pour gouverner son petit monde. Pour vivre heureux, vivons cachés.
De vrais ploucs ces ruraux* !

Schaan stadt im Liechtenst.
* On me dit dans l’oreillette qu’on reconnaît un paysan liechtensteinois à ce qu’il lave le dimanche sa bentley lui-même.

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