10 nov. 2007

L'hologramme Sarkozy

Je ne sais combien de temps il faudra au pouvoir actuel pour s'épuiser dans la projection continue de l'hologramme sarkozien. L'image en 3D du nouveau barbier de Séville va fatalement s'éteindre. C'est trop ! Pas un jour que les informations du nouveau Comité des Forges ne nous passent Sarkozy au désert, Sarkozy à la plage, Sarkozy à la pêche, Sarkozy monte en ballon, ... Assez !
Comme ces champs d'action ou de liberté que l'on définit en creux en faisant la courte liste des éléments qui n'en font pas partie, le domaine présidentiel s'est autoproclamé compétent dans tous les domaines hormis ... hormis quoi ?

Nous étions au seuil du ridicule et nous avons fait un grand pas avec les pêcheurs du Guilvinec. Les vidéos obtenues sur place à côté des prises officielles sont édifiantes. Comme on pouvait le craindre, c'est bien le capo di tutti capi dans ses gestes, ses mots, son accent, qui est venu passer un deal avec les mécontents. La France est devenue son territoire. Il l'administre en régie directe.

Sur le plan extérieur c'est moins pire. Quoique s'abaisser à jouer au Zorro volant participe plus du box office que de la diplomatie pour laquelle nous sommes très complètement équipés avec ministre porte-bidon, sous-ministre ravissante, secrétaires généraux de sections, sections, ambassadeurs, consuls généraux et toute la gare d'Orsay son train !

Le show au Congrès de Washington a été réussi. Et de vous à moi, je préfère voir la standing ovation au Congrès qu'à l'Assemblée générale de l'ONU ! Mais avec quels moyens pourrons-nous concrétiser la sincérité de notre retour dans l'Alliance ? Nous sommes raides !

Les scripts hollywoodiens ont apparu dans tous les ministères jusqu'à celui de la Défense qui nous a fait le derviche tourneur en tenue de campagne avec gilet titane et parachute, qui pose fièrement sur le tarmac de Kaboul. Ca ne lui va pas du tout à ce pauvre Morin ! C'est un homme de plume pas un homme de guerre ! Comme Zizi Jeanmaire.

la rainette aussi grosse que le beauf
S'il l'on renifle quelque agacement dans les rangs de la majorité présidentielle - on n'entend plus Villepin, est-il déjà écroué au fort du Ha ? - pour laquelle le clientélisme communal est mis en péril par la furieuse déconnante du cabinet Fillon, on entend fichtre rien du côté de l'Opposition. S'ils n'avaient pas banni Frêche ils auraient pu se faire dire qu'ils n'en avaient pas, des sous-hommes quoi ! On rembobine :

Bien que sceptique sur l'allonge du lutteur neuilléen auquel je déniais il y a dix ans aucun destin parce que trop léger pour la charge suprême, je m'étais résolu à voter pour lui au second tour de la présidentielle, pensant qu'avec l'âge, le poids des responsabilités, la reconnaissance de ses pairs enfin obtenue, et la présence apaisante de Cécilia, l'homme prendrait de la bouteille et se bonifierait avec le temps. Il avait aussi la rage de convaincre, et il m'était impossible de voter pour l'autre candidat, une sorte de statue en plâtre creux qui avait tout dit en cinq minutes. La victoire me laissa froid. Le week-end en yacht me fit rire car c'était un pied de nez aux masses laborieuses et démocratiques agrippées à la chèvre socialiste, et il méritait de décompresser. J'ai moins aimé les deux semaines de vacances familiales dans une villa de grand luxe à Wolfeboro (NH) car quelque part quelqu'un avait déboursé cinquante mille dollars. Dans la Haute, ce n'est jamais gratuit pour le bénéficiaire, surtout s'il n'en est pas.
Mais vinrent les pas de clerc. A mon égard deux fautes ont eu raison de sa crédibilité :

Faire passer d'abord le bouclier fiscal en urgence avant toute réforme des régimes sociaux, est aussi intelligent que de faire péter des bombes atomiques en Polynésie pour réduire la fracture sociale pour laquelle on a été élu. Le volet social est difficile, il est stupide - Guéant le "déficitaire" est stupide - de commencer la Réforme par une provocation de quinze milliards aux riches. Ceux-là auraient très bien su attendre deux ans que le social ait été remis à plat. J'en connais qui furent d'ailleurs surpris de cette "précipitation". L'hiver venant, ils sont partis depuis au Brésil dans leur maison secondaire d'été, craignant les émeutes de représailles car nés dans le fric ils savent que les moyens ne sont jamais le produit de la génération spontanée et que cet argent va manquer quelque part. Ils se tournent un film pour sûr, mais en vérité ils n'étaient pas si pressés de recevoir la prime de leurs suffrages !

La deuxième erreur est cette augmentation de l'argent de poche du président. Bien sûr les copains de Neuilly sont très friqués et ça la fout mal de ne pas avoir la liasse de vingt fois cents dans la poche pour régler les menus plaisirs quand on est le "boss". Vu la rigueur attendue de la dérive confirmée des déficits nationaux, cette affaire de fric est une bourde qui mériterait de saquer le conseil qui a laissé faire.

Cécilia partie, je crains fort que le parvenu ne se lâche complètement, et que le Ridicule qui ne tue plus personne en France depuis l'époque des marquis poudrés, puisse un jour prochain changer d'avis.

La fraction littéraire de notre distingué lectorat peut lire en ligne la Politique Spectacle de Guy Debord : Cliquez ici !
Editions Champ Libre 1971.

1 commentaire:

  1. l'ermite du gave18/11/2007 18:35

    Moi non plus, je ne me serai pas augmenté si vite et si fort; mais Cécilia est, sans aucun doute, une femme chère qui ne se contentera pas d'une pension symbolique. Et il est révolu, le temps où un président - de gauche - de la république entretenait sa maitresse et sa fille adultérine sur les fonds secrets.
    Quant au paquet fiscal, une des bonnes choses qu'aucun gouvernement de droite ou de gauche n'osera remettre en question un jour:l'allègement des droits de succession pour le commun des mortels.Pour le reste, une loi pourra toujours le modifier.
    Enfin, on peut regretter l'ostentation avec laquelle on se rapproche des américains. Mais, le dédain qu'on leur montrait était tout aussi regretable et, qu'on le veuille ou non, leur guerre contre l'islamisme est la nôtre. Il vaut donc mieux être à leur côté, ne serai-ce que pour tempérer leurs ardeurs, voire les "coacher".

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