16 mai 2008

Notre chagrin

fusain de paysan sichouanaisJe sais que des amis chinois lisent ce modeste blogue. La peine que nous ressentons aux images du séisme du Sichuan est bien réelle et nous la savons partagée par tous nos voisins ici. Par chance l'Etat chinois a autorisé les reportages ; il en retirera les bénéfices de la compassion internationale et c'est très bien ainsi.

Les nouvelles plus atroces les unes que les autres parviennent des montagnes. Le train écrasé dans le tunnel qui a pris feu incinérant tous ses voyageurs fait frémir.
Les images de tous bords ont aussi montré la dignité des survivants, moralement effondré mais résistant mentalement au cataclysme ; une vraie leçon de courage pour nous, les fat cats occidentaux toujours à craindre que nous puissions manquer.
Passaient au même moment sur nos écrans, les dénonciations solennelles des syndicats voyant dans le service minimum municipal un atteinte fachiste au droit constitutionnel d'embêter son prochain quoiqu'il en coûte. Dérisoire et petit.

J'ai été étonné que le séisme certes violent (7,9 Richter) ait causé autant de destructions immobilières. Vous me direz que s'il a été capable de fendre des barrages, rien ne pouvait lui résister. L'administration chinoise ne peut faire mieux que de reconstruire sous normes sismiques les villages faits de briques, mais pour ce qui concerne les buildings des villes, il serait bien inspiré de jauger et passer au banc d'étirage les fers à béton noyés dans les colonnes abattues et dans celles qui sont restées debout.

Ces achats ont été conduits sous le système de négociation commerciale officiel appris dans les écoles chinoises de commerce international, qui privilégiait le client-roi et la réduction obligatoire du chiffre total pour aboutir à un "bon accord". Les insuffisances ultérieures éventuelles de qualité étaient prévenues par une batterie de certificats dont les corporations elles-mêmes éditaient les formulaires à remplir. C'était une bureaucratie communiste classique qui achetait alors.

Voilà, je ne sais pas si mon commentaire est pertinent, mais j'ai de gros doutes quant à la mauvaise qualité de certains matériaux couplée à la corruption locale endémique. On a vu cette année en Chine des ponts modernes s'effondrer tout seuls, sans manifestation de mauvaise humeur de la nature !

L'épicentre du séisme est à la jonction des plaques indienne et eurasienne, exactement à la "frontière" du Tibet historique et de la Chine.

carte du séisme par US geological bureau
Peut-être l'heure a-t-elle sonnée de cesser de s'étriper et de laisser chacun vivre selon ses croyances sur cette terre où nous passons dès fois plus rapidement que prédit.

Je renouvelle à mes amis chinois l'expression de mon chagrin.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Archives steppiques