5 sept. 2008

Carnet de vacances

Un article relatant mes vacances trépidantes ? 3810km au compteur en vingt jours ! soit un Paris - Sibérie ; voire même Septbérie, puisque Stalingrad n'est qu'à 3100 bornes d'après von Paulus qui l'avait mesurée depuis le One Two Two !


Qu'ai-je vu ? Rien que je n'aie revu, à l'exception de la basilique de la Valle de Los Caidos creusée à la petite queuillère par les archéologues républicains espagnols. Je ne suis entré que dans l'ouvrage laissant la dispute sur l'immense parvis. La caverne est monstrueuse et pourrait accueillir un porte-avions. C'est, je ne sais pourquoi, l'utilisation incongrue qui m'est venue spontanément à l'esprit.
Les deux pieds posés à 1 centimètre de la pierre tombale de Francisco Franco m'ont convaincu de la vanité de notre espèce, du moins si on connaît l'histoire.

Deux journées de vacances me furent accordées chez l'Ermite du gave - les autres journées sauf le trekking madrilène, n'en furent pas. Devisant avec eux de la fuite du Temps et de la sphère ptolémaïque j'en ai oublié la recette du purin d'orties que j'avais apprise par coeur pour la leur transmettre. Je répare ici cet oubli.

Il est des mecs qui font trois pages en petits caractères sur le purin d'ortie, distinguant la fermentation sous température dirigée de la macération contrôlée, et celle-ci de la putréfaction libre. Je ne peux parler que de ce que j'ai moi-même fait, la putréfaction vulgaire en vase mi-clos. Je précise immédiatement que je récupère mes eaux d'évier depuis le dernier Congrès mondial de l'Eau qui m'a traumatisé. « Quand vous buvez de l'eau pensez à tous ceux que vous privez » me disait un vigneron de Montréal de l'Aude.

l'ortieDans une vieille poubelle collective en caoutchouc je coupe à la cisaille de haie une brassée d'orties qui piquent. On en met tant qu'on veut. Puis j'ajoute l'eau d'évier juste pour couvrir les orties et les mettre hors d'air. Je pose sur la poubelle un couvercle de bois et c'est terminé. Le processus que je n'analyse pas puisque je ne suis pas agronome, produit au bout de quinze jours un purin d'un beau vert foncé très malodorant. Un spécialiste m'a dit que l'eau de mer dessalée est meilleure. Après investigation j'ai compris qu'il s'agissait de ce que les niais appelaient la "pluie".
Je prélève la liqueur vert chartreuse au moyen d'une boîte de conserves emmanchée (pour pas mettre les doigts dans la m...) et la verse dans mon arrosoir en plastique (les réservoirs en fer blanc n'y résistent pas) à raison d'un demi-litre, soit la contenance approximative de la boîte, pour dix litres d'arrosage. Le mix est réservé à mes cultures potagères, cette année : tomates cocktail, poivrons jaunes, choux verts et pommes de terre rouges.

A l'évidence cet engrais est efficace, voire puissant, complètement écologique et gratuit, ce qui le rend sympathique malgré l'odeur. Je lui reconnais aussi un effet insecticide et répulsif car mes légumes ne sont pas rongés par la vermine et les limaces.

Après coup, j'ai lu cette contribution sur Internet :
« En 1981, les expériences de Rolf PATERSON, chercheur suédois, effectuées en serre sur substrat neutre, en culture de radis, tomate, blé et orge ayant reçu régulièrement une fertilisation avec du purin d'ortie en comparaison à une solution chimique de composition identique ont prouvé la supériorité du purin d'ortie. L’expérience a duré 2 mois. L'avantage du purin était décelable au coup d'œil, tant la vigueur des plantes était spectaculaire. Les analyses des récoltes ont montré une production plus grande de matière végétale fraîche, mais aussi de matières sèches. Constatation intéressante, le système racinaire des plantes produites avec cette méthode naturelle, était beaucoup plus développé »
Yapuka !
L'intérêt complémentaire est que vous regardez les orties qui repoussent dans votre jardin avec un oeil différent.

mur de saumurL'autre leçon de choses, je l'ai apprise sur les coteaux de Saumur qui dominent la Loire. C'est un système de calorifère viticole. Sur un axe est-ouest un oenologue amateur génial a tiré des murs épais de 1,50m de haut faits à pierre et mortier de chaux (on pourrait les faire en torchis, mais la pierre abonde).
Ces murs sont percés horizontalement de trous de 6 centimètres à trente centimètres du sol naturel. Les ceps de vigne sont plantés côté nord et sont dirigés par ces trous côté sud où le mur porte des espaliers pour déployer rameaux et grappes.

Fonctionnement :
En plein été le pied reste au frais, et son sarclage est facilité par l'absence de feuillage.
Le mur emmagasine la chaleur de la journée et la restitue la nuit à la vigne.
La production est à hauteur des mains du cueilleur et la vendange est plus rapide.
En cas de froid extrême il est aisé de pailler les pieds.

Si Dieu me prête vie, je voudrais refaire la vigne de coteau au-dessus de chez moi, qui est envahie de pierres. Il n'y a que 150 m². Comme le lopin est en pente de 20° face au sud, je pense que le système des murs de Loire serait la bonne formule. Il suffira d'y monter une canque pour faire le purin d'orties insecticide à l'eau de mer dessalée.

Pour finir les vacances je vous offre une vidéo bacchique :

2 commentaires:

  1. l'ermite du gave06/09/2008 21:44

    je savais qu'il fallait que j'essaie le purin d'ortie; me voilà convaincu, même si je risque la grosse amende pour utilisation de produit illicite non homologué par Monsanto.

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  2. Le purin d'ortie est interdit de commercialisation par la Commission européenne parce qu'il n'a pas d'AMM (autorisation de mise en marché) requise par ses producteurs auprès des autorités sanitaires nationales (Mme Bachelot).
    Par contre, à l'insu des caméras municipales de surveillance des jardins de plaisance, sa production domestique est facile car sa couleur se fond dans le fonds. Seule l'odeur peut le trahir, ce qui permet de bouillir du cru sans crainte, l'amende à purin étant bien moins forte que l'amende à gnôle.
    Vive la dictature sanitaire !

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