7 avr. 2010

Paris sera toujours Paris

couple roi-maitresseLa queue de trajectoire de la carrière de Charon pourrait bien être la plonge sans papiers à l'ambassade du Burkina Faso. Faire de la rumeur une affaire est un pas de clerc impardonnable de la part des spinning doctors en soupentes, qui à défaut d'avoir le temps de tirer leur coup en imaginent aux autres. Il n'est même pas besoin de calomnier pour qu'il en reste quelque chose, les extincteurs de la présidence crachent eux-mêmes du feu ! La republica franca n'a jamais souffert des histoires de cul, c'est une des caractéristiques non exportables de cette grande nation. Nos femelles ont une réputation d'enfer dans tous les claques de la planète et la langue française est la plus souvent utilisée comme enseigne ou positions. C'est l'atout caché.

Diane de PoitiersFrançois Ier nous laissa La Belle Ferronnière, Henri IV forait des tunnels pour courir derrière coquette ; Mazarin louait les mazarinades qui distrayaient le bon peuple de la pression fiscale ; Louis le Grand après bien des essais, institutionnalisa la maîtresse royale jusqu'à l'épouser et mourir d'ennui ; Louis le Bien-Aimé changeait les olives d'eau au Parc aux Cerfs, quartier « hlm » du Versailles de jadis. On se calma avec les Trois Frères qui n'étaient pas montés comme de vrais Bourbons, à laisser dire que ce moindre intérêt au rut présignalait l'effondrement de la dynastie. Angoulème (Louis XIX) ne pouvait pas, et l'enfant du miracle¹ s'avéra être un fruit sec dans tous les sens du terme.
Bien des années plus tard, le pays désintéressé des frasques traditionnelles de ses « monarques », se réveilla en sursaut quand Félix Faure, son président respecté - des collèges et des lycées portent son nom –, mourut sous la turlutte, pompe funèbre des chansonniers de Paris. Les jours de gloire revenaient-ils ?

la PompadourTout Français sait que ces choses d'alcôve n'ont aucune influence politique chez nous car elles ne sont pas considérées comme des crimes par le populaire, lui qui voit dans cet accès facile aux dessous noirs la récompense méritée d'une accession difficile au plus haut niveau de l'Etat. Mitterrand ne perdit pas une voix de sa double vie, Yves Montand, pas un centime de celle qu'on lui prêtât, Giscard emboutit le laitier sous les éclats de rire des Deux-Ânes, et les brusques décharges de cavalerie de Pinarque lui attiraient plutôt le respect dû au mâle gaulois. Mamzelle Chodron elle-même le prenait ainsi.


MegAlors quand le petit reître changea de jument, le bon peuple y vit une belle histoire de couverture people qui chassait une affaire d'amour, tiens justement, on venait d'enterrer à Lyon le sultan Martin sous le goupillon du Primat des Gaules aspergeant ses quatre femmes d'eau bénite ! Ici, on aime le stupre et la fornication s'ils sont « naturels », même l'abbé Saunière et Emma Calvé. On déteste en revanche les Ballets Roses et le touche-pipi des chargés de jeunesse, alors que dans d'autres pays ça ne soulève pas un sourcil.
On l'aura bien compris, pour saisir tout cela, faut-il encore être français ! Le couple présidentiel que le monde nous envie (formule consacrée obligatoire dans une satrapie policière) n'a pas eu le temps de mariner longtemps dans la Nation, et leur belle ennemie mauresque (à ce que dit le conseiller Guéant) non plus. Mais qu'en est-il du Charon par qui le scandale arrive ? Ce nom serait-il celui du nocher grec aux brumes obscures ? Qui sait.

Du BarryQuand il fut introduit au Château, le Nouvel-Obs lui avait taillé un costard dans un article resté fameux (clic). C'est un « as » de la Com, le furet des rédactions qu'il met au pas, le Chabanais², le Charasse de Sarkozy, Le Pif, tout le contraire de l'énarque besogneux. Un homme de perceptions populaires, anticipateur d'orages (mais pas de séismes), et pour finir, un phrasé à la Michel Audiard qui plaît sur les fortifs nocéennes ! Cela ne dépare pas sur la photo apache entre Alexandre Djouhri et Patrick Balkany. Mais là, c'est le couac !
Cécilia avait prévu son travers « fous-la-merde » pour l'éloigner, et voilà qu'après quelques années de mafiatages douteux, Pierre Charon lui donne raison. Sarkozy a-t-il aimé la boxeuse de quarante ans ? Ce dont tout le monde se tapait jusqu'à ce matin. Vous le saurez lors de l'audience correctionnelle, si les parties ne requièrent pas le huis-clos et... l'exhumation des ADN.

Si la République, parangon de vertu, se met à singer l'Ancien Régime, accablé, lui, de toutes les insinuations, préférons l'original prestigieux à la copie illicite. Au moins verrons-nous passer sur les Champs Elysées des Velsatis chargées de cornes³.

petit cul du Parc aux Cerfs

Note (1): duc de Bordeaux
Note (2): rien à voir avec la loi Marthe-Richard, mais fidèle suiveur de feu Jacques Chaban-Delmas
Note (3): lire Le Montespan de Jean Teulé (Juillard)

3 commentaires:

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  2. Selon un sondage CSA, quatrevingt-deux pour cent des personnes interrogées ne sont pas influencées par les rumeurs sur la vie privée des dirigeants politiques. Les rumeurs d'infidélité au sein du couple présidentiel ? Les Français s'en moquent
    (Le Parisien)

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  3. J'avais oublié ce billet. On pourrait en faire une resucée (?!) avec les frasques de François Normal, sauvé de la Trappe par les services urologiques du professeur Debré.
    Attendons la fin, il n'en est qu'à sa quatrième et vous voudriez savoir déjà tous les noms.

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