20 mars 2013

La liste de courses de l'OCDE

Angel Gurria
Angel Gurria s'est échappé du château de la Muette, a traversé tout Paris, pour remettre à monsieur Moscovici sa feuille de route. Après les critiques publiques des ministres allemands des affaires étrangères et des finances, après le recadrage de la Commission de Bruxelles et les doutes exprimés par le patron de la BCE, jusqu'à quand ce gouvernement de pleutres acceptera-t-il sans broncher les leçons des gouvernements étrangers et des organismes économiques internationaux. Tout le monde s'essuie les pieds sur le paillasson français, mais il y a de quoi : le dossier s'éclaire de prévisions 2013-14 terribles, calculées au poil-de-cul près pour faire "expert" mais qui donnent ceci en "vrai" :
- croissance zéro ou epsilon
- chômage 12%
- dette à 100% du PIB

En bref, avant de vous la donner, M. Gurria laisse dire : "vous êtes dans la merde par votre faute, prenez une mesure par semaine chaque mercredi à l'Elysée, sinon vous deviendrez l'homme malade de l'Europe". Secrétaire général de l'Organisation de coopération et développement économique, monsieur Gurria est un personnage qui compte dans le milieu international des affaires et des finances, un faiseur d'opinions. Son ordonnance est d'application immédiate à défaut de quoi les analystes qui poussent aux taux achèveront de nous déconsidérer. Quoique un pays dont le ministre du Fisc planque ses éconocroques en Suisse ne puisse être totalement perdu dans l'esprit des traders. La liste est déroulée par Le Parisien. On vous la donne à l'envers, mais ce n'est que du bon sens, ce qu'exècrent les politiques :

Education (4)
  • maternelle dès 2 ans dans les quartiers défavorisés
  • autonomie des écoles primaires
  • rehaussement de la qualité du corps enseignant en ZEP (inversion des anciennetés)
  • réaffectation des fonds publics des grandes écoles aux universités

Fiscalité (4)
  • standardiser l'assurance chômage et ses régimes spéciaux
  • simplifier le code des impôts et supprimer les privilèges (niches)
  • réévaluer et réduire les subventions aux entreprises
  • simplifier la taxation des dividendes

Etat (2)
  • supprimer les départements
  • regrouper les communes au format européen

Santé (2)
  • assainir le système de retraite en supprimant d'abord les régimes spéciaux
  • ticket modérateur basé sur le prix des génériques

Compétitivité (4)
  • réduire les prélèvements sociaux patronaux et salariaux
  • simplifier les licenciements
  • redéployer la formation professionnelle
  • flexisécurité

On pourrait faire quatre pages en analysant chaque mesure. Nous n'en prendrons qu'une, la formation professionnelle.
Ce fromage social typiquement socialiste brasse près de trente milliards d'euros par an (31,5Mds€/an). Il nourrit une foultitude de parasites qui le colonisent comme des puces un chien. On se cogne à des milliers de "cabinets" de formation familiaux, para-syndicaux, presque-publics, et d'autres organismes bien propres sur eux qui financent les dirty weekends de patrons à éponger en Relais & Châteaux ; qui brassent plaquettes, réglements et formulaires pour éblouir le manant, et pour les plus grosses, planquent les excédents dans la promotion immobilière. Cinq cent mille emplois non pourvus dit Pôle Emploi : à quoi forme-t-on en France ? A cocher des cases en regardant la montre ! Pas à bosser. Voir ici le travail de l'Institut Montaigne.

Impact
Notre juge de paix c'est l'Allemagne. On peut le refuser, trépigner, gueuler, c'est l'Allemagne.
Tout indique qu'Angela Merkel remportera les élections 2013 et que le "dogme Schröder" sera encore d'application en fin d'exercice, au moment où la France publiera ses plus mauvais chiffres de temps de paix, confirmant s'il en est toujours besoin notre tempérament de sauteurs, bavards et prétentieux. Il serait fort étonnant (pour moi) que l'Allemagne se laisse tordre le bras au motif du "premier client occidental" parce qu'elle a depuis longtemps retourné ses batteries vers d'autres marchés solvables en forte expansion et que ses produits fort prisés continueront à se vendre chez nous, quelles que soient les bisbilles politiques, voire la mise sous tutelle des socialistes de Paris, incapables de gérer leur pays en hommes.
Car finalement, c'est de burnes qu'il s'agit !

 

3 commentaires:

  1. "Supprimer les départements-mettre les communes au format européen"

    Aie aie,ça veut dire supprimer du notable. Pas gagné!!!!

    Quand on voit que seul effet de la loi sur l'intercommunalité de 1999 a eu comme seul effet de faire exploser le nombre de fonctionnaires territoriaux et l’émoulement des elus, on se dit qu'à ce niveau , rien ne se fera : les collectivités territoriales sont les pompes à frics des partis au pouvoir!!!!!

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  2. Il est surprenant d'observer le souci d'ancrage foncier des élus. Un élu sans terroir ne se sent pas dans une fonction représentative, mais plutôt un profiteur.
    La noblesse française fit en son temps le chemin inverse jusqu'à abandonner ses positions foncières pour la vanité des charges. La noblesse anglaise s'en est bien gardée.

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  3. Le PS a d'autres chats à fouetter que de relever le pays pour les beaux yeux de l'OCDE.
    - partielle de l'Oise perdue au profit d'un gangster notoire
    - mise en tutelle de la Fédé des Bouches du Rhône, sac de noeuds indéfaisables
    - démission tardive du ministre des impôts moraux pour paradis fiscal
    - popularité abyssale du couple dirigeant ; on ne sait pas lequel plombe l'autre
    - enlisement probable au Sahel
    - égorgement possible des otages
    - plainte contre la Pompadour qui émarge au budget de l'Etat sans titre
    - montée inexorable du FN de MLP qu'aucun pacte républicain ne bloquera plus
    Bonjour les soucis !

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