26 mars 2013

La politique en bande organisée


Mon Raymond
Facebook est préféré aux médias classiques pour faire sa rentrée politique parce qu'on y contrôle les réactions tout à son avantage en évitant les questions oiseuses. Pub donc ! Mais j'apprends des choses pas bien. La chanteuse-épouse nous avait récemment prévenus du contraire et comptait vivre paisiblement dans un luxe de bon aloi entre Paris et le Cap Nègre, comme tout un chacun qui aurait gagné au loto. Peine perdue, Raymond entend des voix. C'est Marianne ! Reviens, Raymond¹, reviens, j'ai les mêmes à la maison ! Il y croit ce con ! Il est dit dans Valeurs Actuelles que Raymond change ses plans : 2017, le retour du capo di tutti capi« Je serai obligé d'y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu'il s'agit de la France ».
Dur comme fer, il croit faire le compte à cent de l'impopularité de François Normal, sorte de canard gras sans tête ni charisme, alors que lui maigre comme un végétarien qui fond la graisse à la colère se voit offrir en rêve le 69 qui manque à l'autre. N'y voyait rien de cochon, Hollande fait 31% de contents. Je conviens que le candidat battu est d'une pugnacité rare au combat électoral où il ne connaît ni retenue ni morale. La progression se fait en meute, on marche sur les "morts²". Hortefeux, Guaino, Guéant, Squarcini, Péchenard, Courroye, Charon, Woerth, on snippe, on flingue, on mute, on débine, on expulse, la brigade est fournie, à une précision près : ces gens ne sont plus aux manettes. Ils ont été purgés.
La bande est débandée, ses fils sont débranchés. Plus d'accès aux écoutes téléphoniques, aux filatures, dossiers fiscaux, basse police, l'hystérie sarkozienne est sans armes, il ne reste qu'à bouffer des chocolats en hurlant dans le portable, pour de rien, il n'y a personne d'utile à l'autre bout.

Quant aux alliés, reprenant leurs esprits, ils ont repris leurs marques et n'en bougeront pas. Les confidences sortent (MAM, Le Maire, Camille Pascal...) qui rangent un président immature sur l'étagère des erreurs. Ses succès n'en sont pas, rien ne dure qu'il ait fait sans défaire. Le bilan est atrocement mauvais pour le pays ! Il reste un champ de ruines, les résultats dans les domaines de prédilection du pouvoir disparu n'en sont pas : sécurité, immigration, dette, réformes des privilèges sociaux, schéma de pensions, loi-programme militaire, le pays est à zéro. Et ce grand dépandeur d'andouilles de Fillon de rappeler la crise internationale, se gardant bien de nous dire combien de pays l'ont surmontée sans convoquer un tyranosaure en celluloïd à leur "sauvetage".

Il sera facile aux candidats pour 2017 de faire juger par le pays que, si M. Sarkozy arracha de haute lutte les postes qui lui furent concédés par les gouvernements successifs où il cohabita avec l'Elysée, il n'en fit rien d'autre que d'y asseoir le pouvoir de son réseau. Et lorsque il conquit le trône républicain en 2007, il n'en fit rien non plus - sauf un battage médiatique effréné - car l'impétrant ne fut et ne sera jamais un homme d'Etat. Sa carrière est une suite de coups. Le programme ? Guaino s'en chargeait et en changeait au gré des circonstances ; il continue sans qu'on ne lui demande rien. Le pouvoir pour le pouvoir, comme une drogue. La seule finalement que s'autorise le petit reître, car je ne crois pas à un quelconque enrichissement personnel. Le phénix attendu par les idiots utiles du Système reste malgré tout un imposteur.

Or le pays n'a pas besoin d'un psychopathe monté sur ressort comme Zébulon, mais d'un redresseur de torts à moyen et long terme, capable de démarrer un projet national en s'entourant de hauts fonctionnaires ayant un sens de la pérennité des institutions régaliennes, et d'acteurs économiques ayant le sens du concret. Il doit aussi être suffisamment convaincant pour que le peuple le laisse faire en confiance. A dire vrai, aucun nom ne me vient à l'esprit mais ce n'est pas une raison suffisante pour remettre en selle M. Sarkozy. On peut comprendre que l'impéritie pour ne pas dire la minabilitude de l'équipe présente au pouvoir aiguise les appétits d'alternatives - et Xavier Bertrand y travaille comme un malade - mais de là à choisir si "cheap" il y a un pas que le bon sens populaire ne franchira pas. Quoique Berlusconi sur la même trajectoire a percé le mur du çon.

Quant à l'affaire du juge Gentil, elle n'est que le dernier rougeoiement des braises de l'ancien régime, addicté qu'il était à gouverner par contrainte et menaces. Sauf que c'est terminé pour ce gang-là. Sarkozy ? Nagy-Bocsa. Epelez !

(1) Raymond est le personnage d'une chanson de Carla Bruni dans son album Little French Songs
(2) lire Sarko m'a tuer chez Stock


3 commentaires:

  1. l'ermite du gave26/03/2013 21:41

    Reste qu'il n'y a que lui, ou Marine. Elle, elle n'est pas crédible et ceux qui l'entoure encore moins.
    A tout prendre, ce sera toujours mieux que de bisser avec Mimolette Ier et sa bande de bonbons-guimauve.
    Moi, ch'uis pas contre un deuxième essai.

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  2. Quand tu enlèves le bruit, que reste-t-il ? Rien !

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  3. "Casse toi pov con", et pour de bon!!!!

    Le pur exemple du bourgeois soixantehuitard, matérialiste et désincarné!

    Beurk!!!!

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