18 mars 2013

Nouvelles du Club M.

Kyrenia la paisible

Un tabou s'est brisé. Ça arrive ! La vertu de saine économie que l'on reconnaît aux peuples industrieux le cède au dogme rhénan de la responsabilité collective. Otages et chantages, les deux leviers de la pacification lourde. La chancelière de Prusse n'a pas molli : blocage immédiat des comptes et logiciels de transferts bancaires, ponction autoritaire d'une fraction des capitaux placés en banque quels qu'en soient les titulaires (qui n'en sont déjà plus les détenteurs), à défaut de quoi le Reich ne paiera pas l'échéance.
S'agissant de Chypre, la punition est moins décriée que pour un pays normal ; l'île est de longtemps la Tortuga méditerranéenne, grande lessiveuse qui succéda à Beyrouth quand les Libanais s'étripèrent pour des questions de dieux, abandonnant à d'autres le blanchissage de proximité. Les banques pourries de bons grecs vont sauter, engloutissant leurs actifs (dont les dépôts-clients forment la majeure partie). La taxation préventive des comptes doit éviter ce désastre. La refuser, comme hurlent de le faire des gens aussi mal informés que le vénéré Mélenchon, annulera la contribution tripartite obtenue à la chancellerie et précipitera le pays au fond de la mer. Il n'a aucune autre ressource que le soleil et les magouilles. Le problème n'est pas là. Les Chypriotes (et tous les résidents étrangers qui s'y dorent la pilule) ignorent les impôts et taxes, d'où le choc ! Pas nous ! Que fait ce pays d'Asie mineure dans l'Union européenne est une autre question.

La mesure d'autorité désacralise l'épargne des ménages. Elle va faire jurisprudence. Les Etats malades du Club Med, en désespoir de cause, peuvent être tentés de ponctionner l'épargne populaire au-delà de l'imposition des intérêts produits en mordant sur le capital. L'Argentine avait procédé de la sorte en gelant tous les comptes bancaires pour bloquer la fuite éperdue des capitaux lorsque le gouvernement de Fernando de la Rúa cessa la convertibilité peso-dollar 1 pour 1. Vous aviez droit à 250 pesos par semaine en billets au guichet de votre banque. L'affaire fera des morts !
En France, n'a-t-on pas entendu murmurer le nom du "Livret A" dans les pré-discussions budgétaires pour 2014 ? Il y aurait 258 milliards qui dorment là. Insupportable tentation d'un régime aux abois, complètement incapable de se modérer, encore moins de réduire le périmètre d'un Etat gargantuesque. On va en reparler. Chypre nous alerte !

D'ici là garez vos sous, dans un pays sérieux.

 

3 commentaires:

  1. Une fois de plus, c'est l'Allemagne qui a pris les commandes du plan de sauvetage de Chypre. On se plaignait de ne pas avoir de gouvernance en Europe. Mais aujourd'hui on a une patronne, Angela, et un patron, Mario Draghi. Tant mieux. La France a rasé les murs car elle essaie déjà de faire oublier qu'elle a dépassé les 3% de déficit sur lesquels elle s'était engagée.

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  2. Je voyais mal l'Allemagne voler au secours d'un paradis fiscal comme Chypre. On aurait mieux fait d'expulser l'île de l'Eurogroupe.
    Ils ont dû faire de savants calculs.

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  3. Banques fermées, transferts de Francfort bloqués, le week-end peut être chaud.

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