13 mars 2013

Tous locavores !

Le Point s'énerve et dénonce les naufrageurs du pays dans son numéro 2112 du 7 mars. De la brochette à six saucisses à la une de l'hebdomadaire, je retirerais Jeff Bezos d'Amazon qui a le grand mérite de nous faire toucher du doigt la chaleur des enfers fiscaux dont il se protège au vu et su de tous. La crapule n'est pas Montebourg Arnaud (pauvre cher maître, vaillant quand même à se faire un nom à l'international) ni Duflot (politicarde aux dents de castor du modèle déposé en démocratie représentative), mais une ONG caritative à lui tout seul qui défend la veuve en courses et l'orphelin : monsieur Michel Edouard Leclerc, premier candidat au branchage haut et court des malfaisants, sous l'applaudissement des producteurs primaires.
Le logiciel du modèle colonial Leclerc est un des plus ingénieux, le fondateur Edouard n'était-il pas séminariste ? Contenir les prix de l'étiquette commence par écraser le prix d'achat au producteur avec un système de marge zéro, marges arrière, marges différées, marges cachées, un montage qui vaudrait un article de cinq pages pour son exposé. La seule limite à la charité bien ordonnée est la survie au ras de la misère du producteur primaire, sans toutefois le tuer puisqu'on a quand même besoin du fruit de sa sueur et de son stress. La soupape de sûreté et le levier de chantage sont le Marché commun et les importations à bas prix du tiers-monde. La seule condition de pérennité de l'ouvrage est que le consommateur ne puisse rencontrer d'aucune façon le producteur, sauf à bypasser la cascade juteuse des ajouts de valeur. Fameuses filières qui font des châteaux, yachts et voyages.

Combattre la mise en coupe réglée des agriculteurs par les malins protégés passe justement par la conférence des consommateurs responsables et des producteurs honnêtes, et in fine par le choix de manger local. Avouons que c'est bien plus facile à faire dans un pays béni des dieux comme la France que dans des terroirs punis de landes et bruyères que nous ne citerons pas pour ne pas entamer l'audience de ce blogue. La distribution en grande surface a fini son pain blanc, et fourrier de la mal-bouffe, son honneur. Tout citoyen devrait au moins réfléchir à l'alternative écologique sans pour autant prendre la carte du parti de madame Duflot qui reste une arriviste dont le pays n'a aucun besoin.

Des organisations existent localement sous le nom d'AMAP (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) et leur annuaire est fourni. Consultez-le ! Il y a aussi le projet Liproco (LIen PROducteurs-COnsommateurs) qui mérite un détour. C'est un projet plus intellectuel comme on les aime chez nous (ça flatte les édiles) et inter-régional entre le Grand-Ouest et Rhône-Alpes, qui réunit des acteurs de terrain : centres d'initiatives pour valoriser l'agriculture et le milieu rural (CIVAM), chambres d'agriculture, acteurs du bio et des circuits courts ; et d'autre part, des enseignants-chercheurs issus de plusieurs disciplines des sciences humaines (anthropologie, géographie, gestion, marketing, socio-économie, sociologie). A mettre de l'argent dans la réforme économique, il ne serait pas là mal placé.

Dit en passant, manger local c'est lutter à son échelle contre la mondialisation outrée sans fâcher personne comme le feraient immanquablement des droits d'importation. Une façon d'indiquer à Me Montebourg une piste sérieuse terriblement démocratique, rien que pour foutre les jetons à Matignon !

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