19 avr. 2013

Convergence en cours


les Goodyear à Rueil
"Rock-bottom", c'est le prix le plus bas possible d'un bien ou d'un service proposé à la vente dans le milieu du négoce international. La popularité de François Normal est proche du rock bottom, vingt pour cent de supporters plus ou moins indifférents correspondent à la fonction publique d'Etat, carrément menacée par l'insurrection qui vient (comme on disait à Tarnac), et qui s'accroche aux branches du pouvoir légal, délégitimé depuis les affaires récentes. Un boulevard pour le peuple ! Les crânes d'œuf de la gauche caïman qui réfléchissent depuis des lustres à la société idéale de demain ont réussi la Convergence des mécontents, risque majeur en France depuis la Révolution.

L'ancienne gauche prolétarienne s'est partagée entre d'une part, les métastases dérivées du parti communiste liquéfié qui appellent ouvertement à renverser le gouvernement, implicitement l'Etat, et de l'autre, le Front national et ses clones populistes. Reste le reste ! La majorité silencieuse, le dentifrice qui ne rentre jamais dans le tube. Si le matraquage fiscal ne l'avait pas vraiment impressionné - il faut toujours attendre le jour où l'on signe les chèques au Trésor public pour mesurer son ressentiment - le changement de paradigme de la société française où l'on promeut ouvertement le rocher aux culs de singe du zoo de Vincennes l'a convaincue du projet mortifère de ce qui fut une civilisation enviée.
La mobilisation inlassable contre le mariage et l'adoption gay de plusieurs courants est inédite. Le pouvoir et ses affidés s'en moquent, les quolibets fusent, la raillerie des employés de l'exécutif pénètre les bancs de l'hémicycle au palais Bourbon, sans voir que tout renforce la détermination des mécontents, y compris et d'abord la répression contre-productive du ministère de l'Intérieur qui ne mesure pas combien il alimente en comburant le mouvement de contestation. A droite, le réarmement moral est en cours. L'extrême-droite y pousse irrésistiblement la droite parlementaire et ne se donne aucune limite aux actions d'aubaine. La majorité parlementaire (déjà entamée au sein du PS) est prise en tenaille, et des élections nationales arrivent ! David Douillet va prendre Rouen... ?!

Pour que ça pète il reste une inconnue, pas deux : l'obéissance des forces de sécurité. Jusqu'ici les dispositifs, les rafles, les provocations de basse police ont été obéis. Mais on a vu du côté du prolétariat des attaques mano a mano contre les CRS (17 blessés) à Rueil-Malmaison devant le siège de Goodyear le 7 mars dernier (clic), et le 13 avril, le premier ministre obligé à quitter la salle du Conseil national socialiste de La Villette par une porte dérobée pour fuir les PSA d'Aulnay-sous-bois venus lui rappeler sa "trahison".
La basse conjoncture économique et l'incapacité des gouvernements d'y répondre provoque des fermentations qui explosent lorsque ces gouvernements sont parvenus aux affaires sur des promesses de redressement économique qu'ils ne peuvent ensuite maîtriser. Le nôtre, équipé de puceaux industriels, est particulièrement incompétent au charbon. Les dossiers de "désastres" industriels sont nombreux et augmentent encore. La multiplication probable des affrontements ouvriers-police peut dégoutter les seconds qui traîneront les pieds et rangeront les aérosols dans la musette. M. Valls prépare-t-il avec ses conseils les éléments de langage nécessaires à l'encouragement des forces de voirie ? Faudra-t-il mettre des unités "sures" derrière les premiers rangs ?

Les prémisses d'un retournement de la situation sont le recul en visibilité du lobby gay qui vient de toucher du doigt l'expression d'une large hostilité à son endroit. Les coups de poing ciblés de brigades morales parfois douteuses, le harcèlement de ses soutiens (Binet, Jouanno, Fourest, Bulteau) lui signalent que l'on quitte le niveau des invectives gratuites pour entrer dans celui de l'intimidation physique, qui bien évidemment peut déraper. Les cris d'orfraies du camp du Bien, les rafles aveugles des pique-niqueurs, les bousculades volontaires de la police ne diminuent pas le foisonnement des intentions de nuire à la communauté gay qui est au seuil de la stigmatisation générale. Une gay-pride serait pour le moins aujourd'hui osée. Personne hors de la communauté ne se battra plus loin qu'un communiqué pour la défendre parce que le mur médiatique est contourné sur Internet. Tout est possible, y compris les listes.
Bravo, monsieur Hollande. Mettre pareil bordel pour marier les paires homosexuelles est une belle preuve de votre incapacité à prévoir. La société malade va vous rattraper sur les vrais sujets d'inquiétude. Et que va faire la banlieue totalement homophobe ? Vous y êtes jusqu'au cou.


9 commentaires:

  1. Vous avez raison de douter de l'engagement de la base des forces de l'ordre ! D'une part les policiers se considèrent comme "classe populaire" (au sens économique du terme): Avec 2000 euros, faut se loger, mettre de l'essence dans les voitures, remplir le caddie, etc etc !

    En dehors des discours virils et des postures martiales des ministres, c'est le lâchage complet en cas de problème: Pour un ministre présent aux obsèques combien de convocations devant les conseils de disciplines ou à l'IGPN , pour un coup de matraque, un accident corporel ou un tir de flash ball????

    Il se développe un syndrome (déjà ancien) que les psy qui suivent les flics américains ont nommés "Nous contre le monde entier"

    Enfin pour finir, la restructuration des corps d'encadrement initiés en 1995 a coupé une base de terrain avec une hiérarchie de plus en plus fonctionnarisée!

    Le mot de la fin à un CRS (entendu suite aux émeutes de 97) "La prochaine fois que ça pète, on ne descendra plus des camions" Paroles, paroles certes mais quand on n'y croit plus, difficile de rejouer Camerone

    Les gendarmes sont plus formatés: culture militaire oblige, mais comme tous, obéir en traînant les pieds nuit grandement à l'efficacité !!!!!!

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    1. C'est bien la perception que j'en ai de l'extérieur. Je ne sais pas si l'ultima ratio de la République, le groupement blindé de Satory monté sur VXB de 40 ans d'âge, suffira à démotiver demain les malfaisants.
      En Afghanistan, son frère le VAB a dû être retiré des zones de contact :)

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    2. Camisard, n'oubliez pas la bronca des "gendarmes en colère" au début des années 2000. C'était du jamais vu, et beaucoup l'ont payé très cher, les officiers n'ayant pas goûté la remontée de cale ministérielle.

      Je me souviens que François Lamy, à l'époque député-maire de Palaiseau et membre de la commission de la défense, s'était déplacé à la caserne, une des plus mobilisées de l'Essonne, pour leur faire la leçon en osant leur dire qu'ils déshonoraient leur uniforme, qu'ils faisaient honte à la république.

      Tout ce petit monde a des enfants et a contrario des apparatchiks de Solférino et de spon électorat bobo, ils n'ont pas les moyens de les envoyer dans des écoles privées où ils seront préservés du poison instillé par l'EdNat qui en est maintenant à vouloir faire entrer le gender dès le primaire.

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    3. Ils avaient défilé dans les véhicules de service !

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    4. Je m'en souviens tres bien!!!

      D'ailleurs le porte parole du gouvernement à l’époque s’appelait..... Vincent Peillon! Il avait déclaré: "ces manifestations ne sont pas un bon exemple"

      Déjà cette fâcheuse tendance au déni....
      Là par contre, ça aurait été plus délicat d'envoyer les CRS.......!!!!!!!

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  2. Il aura fallu tout un escadron de CRS à Grenoble pour protéger la réunion de 300 socialistes venus entendre le premier secrétaire du parti. Paraît-il que le SO intérieur du parti était au moins aussi nombreux !!!
    C'était les "Ateliers du Changement" (sic).

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    1. Les ministres ne sortent du bureau qu'à bon escient, sans s'attarder, et Hollande avant le premier chant du coq pour vite rentrer par la grille éponyme.
      Visite vigipirate à Roissy dès l'aube.
      Accueil des andouilles à Orly à 6h du mat.
      Dort-il toujours en ville avec sa houri ?

      On protège aussi le niard de la Pompadour dès fois que les fachistes le boufferaient cru au pique-nique des Invalides.
      Sont pas tranquilles, c'est sûr.

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  3. L'ultra-gauche parlementaire (PC, EELV) se dit insultée par le vote bloqué au Sénat de l'accord MEDEF-CFDT.
    Même si les manoeuvres dilatoires du PCF sont horripilantes pour le représentant du gouvernement, la procédure est impolitique dans le climat revendicatif actuel.
    A croire que les anciens apparatchiks de Solférino ont tout perdu du sens des magouilles d'appareil qui les avaient préservés de tout jusque là.
    Ils n'en ratent pas une !

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  4. Les émeutiers de Rueil-Malmaison devant le siège de Goodyear sont en garde à vue depuis ce matin.
    A suivre...

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