1 avr. 2013

Magdalena, Maguelone

Marie-Madeleine et la Gnose
Vous vous souvenez (Jean 20, 10-18). Quand Marie-Madeleine revient au tombeau vide après avoir couru alerter Pierre et Jean de la disparition du corps, elle jette un œil au seuil du sépulcre dès leur départ et voit deux anges qui l'apaisent en ces termes : « Femme, pourquoi pleures-tu ?» et quand elle avoue son désarroi quelqu'un dans son dos, le gardien du cimetière sans doute, lui pose la même question : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?» Il faut qu'il l'appelle par son prénom, Marie, pour qu'elle le reconnaisse : "mon Maître (rabbouni) !". Lequel a ce mot étonnant : « Cesse de me retenir (ou ne me touche pas), je ne suis pas encore monté vers le Père.»
"Cesse de me retenir": est-ce le dernier mot d'humanité du Ressuscité ?

On a longtemps cru que Jésus de Nazareth avait pris femme comme dans la normalité des mœurs de ce temps où le célibataire endurci était un danger social pour la paix des ménages. Il eut été accepté aussi par les croyants qu'il ait voulu vivre ce purgatoire du mariage sur terre ! Sous réserve que le texte de saint Jean l'apôtre n'ait pas été souillé, elle ne le reconnut pas. Ce qui tendrait à prouver qu'ils n'aient jamais été amants. Mais toutes les évocations de Marie-Madeleine dans les Écritures prouvent aussi qu'elle en était amoureuse.
Il est bien dommage pour la beauté des temps anciens que Marie-Madeleine n'ait pas été la femme du Christ et enfanté une lignée royale ; mais qui donc aurait pu vivre en "fils de Dieu" ? C'est impossible.

On a cherché le tombeau de la Magdalena en Provence et en Languedoc. Arrêtons-nous sur l'hypothèse de Maguelone (parce qu'on a de magnifiques images d'un site exceptionnel). Les recherches entreprises en 1998 pour mettre au jour le plan de l'église wisigothique de Maguelone qui a précédé la cathédrale primitive retrouvée sous la cathédrale Saint-Pierre actuelle, y exhumèrent 265 sépultures datées des VIème et VIIème siècles :
« L’édifice est très arasé mais perçu dans sa totalité et bien lisible au soi. Parfaitement orienté, il comporte une vaste nef à vaisseau unique prolongée à l'est par une abside semi-circulaire très puissante et contrefortée. Trois annexes s'appuient contre la moitié orientale de la nef, deux au nord et une au sud. La moitié occiden­tale de la nef est entourée d'une galerie, sans doute un portique dans lequel donnent accès trois entrées flan­quées de massifs maçonnés quadrangulaires, l'une au nord et l'autre au sud, la troisième dans l'axe de l'église, à l'ouest. Aucun aménagement liturgique n'est visible dans cette église.»
Si l'on sait par ailleurs que la région était relativement peu peuplée à cause de la malaria entretenue par les étangs, on est troublé par cette volonté des anciens de se faire inhumer dans l'édifice plutôt loin de chez eux, de leur paroisse. La vocation quasi-exclusivement funéraire de l'ouvrage peut troubler, comme son arasement et du remploi des matériaux. Des esprits allumés avancent que le site aurait été proclamé renfermer la sépulture de l'épouse de Jésus Christ au Vème siècle, ce qui aurait fait accourir les morts huppés de la région, puis cette présence démentie avec force preuves plus tard, ce qui aurait provoqué l'abandon du site funéraire et le remploi de ses matériaux. Dommage !
Aux esprits curieux je signale que la cathédrale actuelle (désaffectée) est bâti à l'intérieur d'un cercle parfait très visible sur les photos zénithales, cercle qui ne laisse de faire penser à d'autres cercles magiques celtes. L'île elle-même forme aussi un cercle, mais naturel donc moins parfait.

le site aujourd'hui revivifié par les Compagnons de Maguelone
(petite fiche sur le site de Maguelone)


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Archives steppiques