17 mai 2013

Demerdieren Sie sich !

L’Europe – et c’est un paradoxe – est la première puissance économique du monde. Pourtant, elle est regardée comme un continent malade, en déclin, en doute. Ma responsabilité, parce que je suis à la tête d’un État fondateur de l’Europe, d’un État qui a fait ce choix, d’une nation qui est profondément européenne – même si aujourd’hui elle se détourne de l’orientation actuelle –, mon devoir, c’est de sortir l’Europe de la langueur qui la saisit et de réduire la désaffection des peuples qui ne peut que compromettre l’avenir même de l’Union européenne (François Hollande, Palais de l'Elysée le 16 mai 2013).

De problème, la France devient solution. L'homme malade de l'Europe est son sauveur ! Et Die Welt titre : "Sarkollande" braucht Merkel als Punching Bag, sans dissimuler le ridicule de ses velléités de gouvernement économique de l'Eurogroupe que personne hors de France ne songerait une minute à lui confier. Excellent tribun, François Normal fut construit pour conquérir la mairie de Tulle - il n'en voulut pas - mais jamais au grand jamais pour conduire le continent européen. Personne ne se pose la question d'un consentement de la Chancellerie du Reich tant l'affaire est centrée sur Francfort et Berlin. S'il y a un jour un gouvernement économique fédéral, il proviendra de l'Europe du nord et de nulle part ailleurs. Qu'en pensent les Anglais sera intéressant.

La France, proclamée leader des cigales latines, n'a plus que la ressource de se saouler de gloire en parlant à ses propres citoyens sans inférer dans l'opinion de ses voisins qui l'oublient chaque jour un peu plus. Petite lumière quelque part dans le monde, dit Franz-Olivier Giesbert dans Le Point. C'est ça. Mais on peut y vivre très heureux, dès lors qu'on accepte la taille relative du pays, ses atouts (nombreux) et l'étrécissement de sa zone d'effort. Au lieu de quoi, l'amant de Valérie rêve du Saint-Empire qui le déchargerait de tant de soucis. Parce qu'il faut bien comprendre que l'offensive de l'an II annonce la défausse des problèmes, insolubles en l'état, à l'étage supérieur.
L'intention hollandienne d'un gouvernement de l'Eurogroupe sonne comme un Demerdieren sie sich!. Hélas, il n'y a pas plus de chance de les régler à Bruxelles qu'à Paris, parce qu'ils sont consubstantiels à la République ; mais nous aurons eu une envolée de manche sous les ors du grand salon ; c'est bon pour la "com".

Le moment est venu de renvoyer le distingué lectorat du Steppique Express à un billet percutant et pertinent de Bernard Caillot chez Contrepoint.org intitulé « Mes logiciels m'ont tuer !». Il y dénonce le colbertisme, le jacobinisme et les ordonnances de 1946. Le problème est qu'on n'en sortira pas à moins d'une révolution. Alors vouloir sauver le continent sur ces idées est pour le moins outrecuidant.

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