30 mai 2013

Olli Rehn nous en voudrait ?


Sans blague ! Quand François Normal a paraphé le traité Merkozy au tout début de son quinquennat, il fut compris de tous nos partenaires, qu'au-delà des envolées lyriques propres à une campagne électorale en Socialie, les réformes de bon sens allaient être affrontées par le nouveau pouvoir, à la tête duquel on avait mis un prof d'allemand ! L'annonce d'un prochain déficit ramené à 3% comme s'y était engagé le Petit Reître ne prêtait pas à doute.
Puis, amusés un peu, médusés bientôt, les mêmes qui nous faisaient une confiance absolue - quelle belle alternance que celle qui préserve les améliorations acquises - assistèrent au détricotage de la politique antérieure, à nul autre motif que d'obéir à des slogans de campagne, obéissance de la plus grande stupidité, aurait dit feu Georges Frêche qui s'y connaissait. Retraite revenue à 60 ans, fiscalisation des heures'sup, réembauchage de fonctionnaires, matraquage des entrepreneurs, alourdissement de la fiscalité, etc. Cet élan communiste hors de saison - mais la petite Union soviétique marque son territoire en pissant partout - fut compensé par de "grandes concertations" à peu d'effets, limitées à l'affichage d'une "volonté" de réforme.

Depuis un an, le gouvernement nous amuse avec des foutaises et son logiciel dialectique est passablement limité à quelques annonces : CICE, flexisécurité, les allocs, énième concertation sur les retraites bientôt... et pour le reste le flou artistique hollandien expérimenté sans succès à Solférino et à Tulle.
Incapable dans ces conditions de tenir aucun engagement, le gouvernement est parti prendre la remorque de la Commission, non sans avoir appelé à l'établissement d'un gouvernement fédéral (un soir de cuite peut-être). Et la Commission européenne constate, derrière l'INSEE, la Cour des Comptes de Paris, l'OCDE, le FMI et tous les think-tanks économiques sérieux, que le partenaire français est en réalité un spécialiste de l'enfumage. Ainsi qu'il était connu dans ses fonctions de grand apparatchik socialiste, Hollande est un grand procrastinateur, laissant à son successeur le soin de déboucher les chiottes !
Aussi, c'est avec un malin plaisir que le commissaire aux affaires monétaires Olli Rehn nous envoie sa liste de courses :

« Ce qui est encore plus important pour la France (que la consolidation), c'est de mettre de nouveau et plus fortement l'accent sur le marché du travail, le système de retraites, l'ouverture des professions protégées et du marché des services", la Commission devrait notamment demander à la France d'assouplir sa législation du travail et d'ouvrir à la concurrence des professions telles que les chauffeurs de taxis ou les notaires, et plus généralement dans le droit et la santé. La France a sérieusement besoin de libérer son potentiel de croissance et de créer des emplois et cela est au moins aussi important que de poursuivre la consolidation budgétaire »

Le diagnostic est partagé nous a dit Bercy - Barroso n'est donc pas à côté de la plaque. Mais la paire de miquets en charge de la Grande Nation de répliquer que ce n'est pas juste car c'est à eux-seuls de dire toussa ! D'autres s'offusquent d'un outrage à notre souveraineté comme si nous en avions une encore ! ainsi que le dit Marc Fiorentino de François Normal : " Il a loupé un épisode: c'est Bruxelles qui décide de la politique économique de la France."

Dans l'immédiat, la Commission juge que les économies et les recettes supplémentaires prévues dans le programme de stabilité présenté début avril, qui vise un solde structurel des finances publiques (hors effet de la conjoncture) positif à l'horizon 2016, ne sont pas suffisamment détaillées. Le projet de loi de finances 2014 présenté à l'automne sera dans ces conditions sous haute surveillance de Bruxelles (Zaman France - 29/5/13).
C'est tout !


1 commentaire:

  1. Rehn dénonce carrément le double langage de Hollande quand Dijsselbloem dit qu'il n'a rien à cirer d'un étage supplémentaire de commandement à l'Eurogroupe. C'est fou ce que l'on pèse ! (source Le Figaro).
    C.

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