15 juin 2013

Le sceptre en forme de doigt

Je me marre. Les deux bouffons de Solférino en ont-ils fini des antigays qui leur avaient pourri le printemps que l'abbé Pierre majuscule, tout de blanc vêtu, celui dont on attendait les remontrances d'usage sur la misère dont tout le monde se contrefout, vient de dégoupiller une grenade* dans le poulailler républicain, et toute la volaille laïcarde de grimper aux perchoirs ; ça va sauter, ça va sauter !
Pensez que le point d'orgue de cette agitation fachiste contre les lois de l'enfilage créateur devait être la dissolution d'une école de musculation de têtes en peau, après emboutissage mortel par un sous-prolétaire espagnol d'un fils de bourgeois socialiste promis au majorat de l'ENA. Après quoi on ouvrirait le gaz hilarant de la réforme des retraites, et on tiendrait bien l'estrade jusqu'à la Toussaint, bigre ! Si Barroso ne déconne pas une fois de plus !

"De quoi je me mêle ?" hurlent en choeur les socio-traîtres (c'est comme ça que les Antifa nomment la classe au pouvoir). Que le pape se mêle de ses affaires et n'intervienne pas dans les lois de la République ! Ah bon. Nous, nous intervenons, par jugements moraux ou immoraux interposés, dans toutes les affaires de tous les pays, puisque nous proclamons urbi et orbi (faudrait trouver mieux !) que nous sommes les détenteurs des droits de l'homme (et de la meuf), des petits enfants, des chiens, des chats, des bébés-phoques et des genres indécis ! Au tribunal de la démocratie obligatoire les Klaus, Orban, Loukashenko, Poutine, Erdogan, Assad, Tapioca... ! Et des dizaines d'autres sont criblés à la maille de notre bien-pensance imposée, pour ne compter que les vivants. Mais le camp du Bien, victorieux des heures les plus noires de notre histoire, refuse ce que lui dit le camp du Mieux : "Insufflez à vos lois un supplément, un esprit, une âme qui ne reflète pas uniquement les modes et les idées du moment, mais qui leur apporte l'indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine".
C'est envoyé, brut de décoffrage ! A vidanger toute cette merde sociétale, il fallait bien que quelqu'un s'y colle. Et c'est le pape, mazette ! Le pape, rien que ça : le commandeur d'un milliard de croyants !

Le Printemps français passe ainsi à l'Eté français sans peine. Redoutable ce pape des pauvres !

La nature, y a qu'ça de vrai.



* L'allocution pontificale dans La Croix

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