6 juil. 2014

Bon anniversaire Monsieur Raspail

Monsieur le Consul général de Patagonie entre dans sa quatre-vingt-dixième année. Nul n'aurait l'outrecuidance de "présenter" Jean Raspail ; tout au plus pourrait-on reverser le lecteur en voie d'érudication au site de l'auteur, jeanraspail.free.

Le "capitaine de frégate" Raspail
De son œuvre, on cite d'abord Le Camp des Saints qu'on ne saurait traiter de roman. Nous en vivons les prémices et ne sommes pas loin d'assimiler in petto cette fatalité de la disparition d'une des civilisations les plus fortes de l'histoire humaine. Mais le livre qui a percuté chez votre hôte, c'est L'Anneau du Pêcheur, non parce que l'affaire débute à la maison Benoît de Rodez que je connais si bien, mais parce que Jean Raspail a pris le temps de décortiquer les raisons du grand Schisme d'Occident en toile de fond, époque qui exhale les mêmes suanteurs que la nôtre où pourrit déjà toute transcendance, mise de côté au profit du charity business ecclésial et de l'œcuménisme universel ; à quand le grand prêtre du Grand Bateau Blanc au Vatican ? Qu'importe !

Mais surtout, la parabole du pasteur perdu est très belle.
Pour ma part, Benoît successeur de Benoît, lui-même..., pape perdu par l'orgueil des hommes qui se croyaient "investis" et intouchables, témoigne en confiance, sans apparat, tout au long de sa vie, à l'autre bout du rayon cosmique qui le relie à son Créateur, de la charge écrasante dont il a hérité, pur vicaire du Christ sur la planète Terre ; sans autre qualité ni mérite que celui d'avoir été touché du doigt divin. Suis-je un peu sédévacantiste ? Sans doute. L'Eglise-entreprise actuelle est bien trop humaine et racoleuse pour me transporter. Je laisse maintenant la place au site de Charles Ridoux qui nous explique tout ça en détail et de bien belle manière : Clic !
Nous nous quitterons sur une évocation de saint Jean-Paul II, selon Raspail :

La simplicité de Benoît, son humilité, son dénuement, sa naïveté, sa solitude, sa fonction pontificale réduite à celle des premiers âges, quand l’apôtre Pierre, tout aussi seul, errait sur les routes de l’Empire sans grand espoir d’être écouté… Pierre était le commencement. Benoît ressemble à une fin qui aurait été anticipée. Tout cela a profondément ému le Saint-Père. À ses proches il a dit que viendrait un jour où l’enseignement de l’Église serait unanimement rejeté parce que devenu inapplicable au regard de la morale admise et de la religion du progrès. Il a dit que l’Église catholique serait déchirée, ses gros bataillons prêts à s’incliner. Il a dit que la conscience internationale contre laquelle il s’est déjà élevé sans succès enjoindrait au pape de se soumettre, lui-même ou l’un de ses proches successeurs, qu’un concile l’imposerait à la lumière d’une nouvelle lecture de l’Évangile, et qu’il ne resterait plus au pape qu’à quitter Rome et disparaître, comme Benoît. Pour traverser encore d’autres siècles, comme Benoît. L’un et l’autre sont des fugitifs.

- Parvis de la cathédrale de Sénez
où mourut le dernier pape d'Avignon -


Bon anniversaire, Monsieur le Consul Général.


3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  2. Pas de hameçonnage sur ce blogue.
    Si vous avez une bibliothèque numérique concernant l'Antarctique, ou le pays d'Araucanie, la Patagonie, tous les rois de vitraux, etc... vous êtes le bienvenu et pouvez disposer de cet espace pour l'annoncer, en utilisant la balise pour un meilleur rendement.
    Salut,
    C.

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