22 sept. 2014

Nous avons redébarqué !

Vingt-cinq ans plus tard, ce sont des noces d'argent. Venise, Palm Beach, ouais bof, c'était Arromanches et ce fut à nouveau Arromanches. Il fit gris et soleil et un vent tudieu de... Normandie. Grand hôtel de Cabourg, penser à Marcel Proust comme n'importe quel lecteur de celui qui restera pour moi le premier musicien de la langue française. Rien à voir avec le motif du voyage, de la décoration.

Je voulais voir Omaha Beach que j'avais raté l'autre fois. Putain de ravin, on comprend tout. Puis au-dessus, le cimetière de Colleville-s/Mer. On devinait que le soleil baissait, cinq heures, on amène le drapeau avec une sonnerie au mort. Immobilisation générale de la foule dispersée parmi les croix. Neuf mille croix ! Les mots me manquent. Taisons-nous.



Direction Utah Beach, puis finalement les contingences, les disponibilités, nous poussent jusqu'à Cherbourg. Le vieux diamant de la marine française est assoupi en majesté. On commémore, on ravale l'histoire, on expose sur le Titanic, bref on cache le déclin. La ville est triste mais propre, la marina de plaisance, immense, évidemment, vu la superficie disponible. On n'ose pas imaginer ce qu'en feraient les Chinois si on leur donnait un port en eau profonde de la taille et dans la position de Cherbourg, au beau milieu de la Manche ! Euh si..., ils ont fait Ningbo !

Pas trop de ruines en ville, pas trop de friches industrielles, le joli théâtre est refait à neuf, la DCN est toujours debout, les CMN aussi. J'ai vu le Redoutable au fond d'une darse asséchée de la Cité de la Mer, énorme et mort, gigantesque Moby Dick.

On repart, et pour Arromanches.
On fait la côte. La Normandie capitalise beaucoup sur l'événement, on les comprend à savoir tout ce qui fut détruit de ce beau pays lors de la Seconde Guerre mondiale. Puis clic, grand monument au général Leclerc avec exposition d'un Sherman et d'une automitrailleuse, devise en fonte sur la haute stèle et serment de Koufra. Ah bon, je croyais que seul le Commando Kieffer avait débarqué, que nenni, la 2èDB aussi, mais trente jours après le D-day. La date est écrite en petit. Il fallait bien mettre un croix de Lorraine quelque part quand même.

Difficile d'éviter le cimetière allemand de La Campe. Il touche la route. Ils en ont mis vingt-et-un mille là, deux par deux. Les âges sont courts, beaucoup de 18 ans en allant au hasard des dalles. Des bouquets dispersés, autant qu'à Colleville, des gens méditatifs qui se mouchent.
Tout ça pour ça ! Le Reich revenu est à nouveau le super-costaud du continent européen. Monsieur Valls est allé prendre ses ordres aujourd'hui à la Chancellerie. Notre ministre des finances de l'économie, du voyage bien sûr, parle couramment allemand ; il vaut mieux.


En plus de l'histoire avec un grand "h", on mange bien partout en Normandie, mais ça nous le savions déjà. Retour carte postale, Deauville, Honfleur, provision de calvados... la routine.


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