2 avr. 2018

In memoriam Serge Gainsbourg

Gainsbourg tel que je l'ai croisé quelques fois le matin dans le quartier de l'Opéra où je travaillais, sapé, pieds nus dans des mocassins Repetto blancs.
Il y a quelque obscénité à parler de « Serge Gainsbourg qui aurait eu quatre-vingt-dix ans aujourd'hui » parce que le bonhomme, le compositeur, le Gatsby magnifique que nous connûmes flamboyant avant l'obscurité mitterrandienne et sa culture approuvée, ne fut jamais sur un vecteur de nonagénaire. Il a vécu à fond ! Sans doute croyait-il en l'au-delà et n'avait peur de rien. C'était quelqu'un de plus mystique que ce qu'il acceptait de montrer, de jouer. Le comportement professionnel n'avait rien à voir avec le Gainsbarre des plateaux de télévision.
Autoportrait
S'il eut toutes les plus belles femmes du moment, son égérie restera à jamais Jane Birkin dans ses douceurs, ses colères, sa fausse innocence, parce qu'elle était une rareté musicale et une présence exotique en société. Bambou en fut une autre dans un Pantone plus vénéneux, qui venait, elle, de la DDASS.
De la vie de cet homme je n'aurais rien à reprocher s'il m'y autorisait. Il a fait son devoir dans tous les compartiments de la comédie humaine et à la fin, partagea son héritage, qui était à la hauteur du talent qu'il sut monétiser, entre tous les ayant-droits, même ceux qu'on ignorait. Comparé à l'idole des jeunes qui, lui, est mort avec une tête de quatre-vingt-dix ans et des rancunes, Gainbourg a gardé sa classe jusqu'au jour où la guenille devint trop usée pour ne pas s'en séparer.

Steppique Hebdo vous propose la chanson mythique de Prévert par l'auteur, qui me semble la version la plus vocale parmi toutes celles de la période classique qui ont envahi les ondes.



"Oh je voudrais tant que tu te souviennes"
Cette chanson était la tienne
C'était ta préférée je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma

Et chaque fois "Les feuilles mortes"
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Avec d'autres bien sûr je m'abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m'indiffère
A cela il n'est rien à faire

Car chaque fois "Les feuilles mortes"
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N'en finissent pas de mourir

Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l'indifférence
Passe l'automne vienne l'hiver
Et que la chanson de Prévert

Cette chanson "Les feuilles mortes"
S'efface de mon souvenir
Et ce jour là mes amours mortes
En auront fini de mourir

Et ce jour là mes amours mortes
En auront fini de mourir

A chercher une chanson moins diffusée par les radios ces jours-ci, j'ai choisi I am the boy dans le registre typique des eighties. La photo de la pochette est sublime.


 


Pour finir, la trompette cool de Chet Baker sur le saxe de Pepper Adams



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